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Le jeune chanteur valaisan Marc Aymon débarque en Romandie

Marc Aymon

Marc Aymon a publié son premier album, L’astronaute, en janvier dernier. A 24 ans, il totalise déjà 10 ans de carrière musicale dans la chanson, et il commence à récolter les fruits de son labeur. Rencontre avec un jeune homme un peu rêveur, mais qui sait où il en est.

C’est à l’âge de 14 ans que Marc Aymon part, la guitare en bandoulière, à la conquête des bals et bistrots valaisans. Après quelques cours de gratte dispensés par sa voisine et une expérience de chant a cappella, il reprend alors des morceaux de Renaud ou Jean-Louis Aubert en plus de quelques compositions personnelles. « Je pense que c’est la musique qui te choisit, enfin ce fut le cas pour moi. Je me suis retrouvé avec une guitare, et j’ai vu les regards changer, les réponses des gens m’ont incité à continuer. Mon propre plaisir trouvait un écho dans le public », confie Marc. Et de fait, il fonde avec trois autres potes le groupe Mistral, en 1998. Une aventure pop-rock qui l’amène jusqu’en 2001, une centaine de concerts et un CD 4-titres plus tard. Puis c’est la séparation. « C’était un truc de jeunes qui nous permettait d’exister un peu plus. Ce n’était pas forcément réfléchi, à l’époque nous étions très innocents, impulsifs. J’essaie néanmoins de conserver cette fraîcheur, cette spontanéité qui est souvent ensevelie en chacun d’entre nous », dit Marc à ce sujet.

S’ensuit une période de remise en question. « Je voulais aller plus loin et les réactions des gens me poussaient à continuer, mais je doutais de moi. C’est à cette période que j’ai rencontré Dominique Savioz, un chanteur valaisan plus expérimenté, qui m’a fait confiance et a produit deux chansons en studio, ce qui a relancé la machine », explique Marc. Le CD 2-titres sort en 2002 et il repart sur les scènes, sous son propre nom cette fois. Les deux années suivantes seront consacrées au live, en groupe ou seul en version acoustique, avec notamment une participation en tant que Découverte suisse aux Nuits de Champagne 2003 à Troyes (F). Alternant concerts traditionnels et prestations dans les écoles et les prisons, il obtient encore le Prix du Public et du Jury 2004 lors des Journées Découvertes au Théâtre du Dé à Evionnaz (VS). Ces retours positifs l’encouragent à continuer et Marc Aymon prépare alors son premier album solo, L’Astronaute, qu’il enregistrera en 2005 pour le publier en janvier dernier. « L’Astronaute, c’est celui qui part à la découverte de son propre univers et celui des autres, pour se réfugier dans les bons moments et magnifier les moments plus durs », poursuit-il.

Avec ce disque, Marc Aymon souhaite passer à l’étape suivante et sortir du Valais. Les dix titres qui le composent se baladent entre pop, rock, chanson et variétés, et ont bénéficié des arrangements de son guitariste Philippe Demont. Une excellente facture pour ce premier album qui a bénéficié d’un très bon accueil dans la presse et qu’on entend souvent à la radio ces temps-ci. Son dernier concert, jeudi passé, a d’ailleurs été enregistré par Option Musique, pour une diffusion ultérieure sur les ondes. « Je suis content de ce disque, apparemment il touche les gens et c’est ce que je voulais. J’ai confiance, mais j’ai encore plus confiance en concert. Le studio est quelque chose de très aseptisé et froid, alors qu’en concert, je suis en contact avec le public, c’est une véritable bouffée d’oxygène pour moi ».

L’Astronaute a été verni du 19 au 22 janvier dernier au Théâtre Interface à Sion, avec un concert chaque soir. Des showcases ont suivi à la FNAC, ainsi que des passages radio. Mais surtout, le disque a convaincu les organisateurs de concerts, et pas les moindres, puisque Marc Aymon et son groupe ont eu l’honneur de faire la première partie de Lou Reed lors du dernier Caprices Festival. Et ce n’est pas tout, le chanteur valaisan apparaît aussi à l’affiche des prochaines Francomanias de Bulle et du Paléo Festival de Nyon. « Nous avons connu tellement de plans foireux au niveau des conditions de scène que je suis content que ça arrive. Ça donne une impulsion qui pousse toute l’équipe, on nous fait confiance, donc on est motivés à donner le meilleur. Et puis, jouer dans de telles conditions, pour le son et le reste… », dit Marc. On lui fait confiance pour que ça se passe bien !

 

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Focus

On le sent bien quand on converse avec lui, Marc Aymon est quelqu’un de relationnel, l’autre est très important pour lui. Et quand on visite son site, on se rend compte qu’il garde une trace de quelques rencontres prépondérantes à ses yeux. « Ce sont des bons moments, qui restent, et qui m’éclairent à fond », dit-il à ce sujet. Jean-Louis Aubert, Lole (chroniquée sur Newzik début 2005 et avec qui il interprète régulièrement sur scène une chanson qu’ils ont en commun), Olivier Mottet (présenté il y a deux semaines sur Newzik), Pascal Auberson (qui l’accompagne sur l’Astronaute pour un superbe titre, Des hommes à la mer), ou plus récemment K (avec qui il prépare un projet en acoustique), autant de souvenirs qu’il conserve dans son album.

Dans un autre registre, il ne tarit pas d’éloges sur l’équipe qui l’entoure, une sorte de « famille » dont les membres se sont proposés par eux-mêmes, et qui constituent des points de repères, des phares dans la nuit. Il explique : « C’est une aventure humaine. On est tous à vouloir que ça avance, et des choses arrivent en ce moment qui récompensent les gens. C’est très affectif et très sain ».

Notre avis

Marc Aymon est en train de prendre son envol, et son disque lui fournit une excellente piste de décollage. Mais plus encore, il recommande qu’on vienne le voir en concert : « On a des boîtes à rythme, des silences, des parties a cappella, des bruits qui cassent le côté un peu variétés du disque. » Le spectacle actuel est le résultat de sa collaboration avec Raphaël Noir, le maître à penser du mythique Pancake, qui accompagne Jérémie Kisling. Une sorte de coach. Pour avoir vu Marc Aymon en live l’an passé, je peux vous assurer qu’on passe un bon moment, autant avec les chansons que pour le côté artistique. Une affaire à suivre.


 

yann  ||  le 08 mai 2006


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