Les Bérets Bas, c’est un collectif de huit musiciens basé à Lausanne. Leur répertoire s’insère dans le courant de la nouvelle chanson francophone, tout en se référant à de nombreux courants musicaux invoqués çà et là au gré des morceaux.
Au début était Gérard, batteur de son état. Pendant dix ans, il s’éclate sur du rock français avec deux potes guitaristes. Courant 2002, il s’oriente vers un style teinté de chanson française et de jazz manouche. Par la même occasion, il recrute de nouveaux membres. C’est ainsi que les Bérets Bas, première mouture, commencent à répéter, dans une configuration comptant dix musiciens.
« Nous avons répété ainsi pendant près de deux ans. C’est dans cette composition que Les Bérets Bas ont réalisé une belle petite série de concerts en 2004-2005, qui s’est achevée en août sur la scène du Lombric Festival, à Giez (VD) », nous dit Gérard. S’ensuit un break qui s’étalera sur tout l’automne et l’hiver, avant que le groupe ne redémarre en mars de cette année, moyennant quelques petits changements de line-up. Le premier concert de la saison, au caveau du Bar King à Neuchâtel, aura valeur de test. « Tout s’est bien passé, même si on a eu l’impression à l’interne qu’on était pas forcément tous bien ensemble, il y avait un bon accueil du public et ça nous a encouragé à poursuivre », commente Gérard.
Les Bérets Bas sont maintenant huit et sont rôdés pour la suite de leur agenda de printemps. Leur musique se construit sur une base de chanson à tendance manouche, et intègre tour à tour des consonances java, reggae, ska, rock. Gérard explique à ce sujet : « Nous ne sommes pas cantonnés à un style, c’est plutôt un mix d’influences diverses. On n’a pas envie d’être redondants ». Dont acte. Gérard poursuit : « Notre chanteur Antoine a une faculté de composition et d’écriture (les textes sont en français) assez impressionnante. Il amène un thème, une idée, que nous arrangeons ensuite en groupe. Certaines chansons sont aussi le fruit des autres musiciens ».
D’autres dates suivront, qui permettent au groupe de progressivement trouver ses marques et de commencer à travailler le côté spectacle et visuel des concerts. Les Belles-Lettres de Lausanne, la Garden-Party aux Parc des Bastions à Genève et le Festival Azimut à Yverdon le même week-end (et la première tournée de Bérets Bas, par la même occasion), voilà une liste de qualité. Qui s’étoffe encore d’un concert le 21 avril aux tout nouveaux Docks, auto-proclamés temple du rock lausannois. « Ça s’est fait au dernier moment, par l’ami d’un ami d’un ami, etc. qui avait eu de bons échos de notre musique, sans nous avoir jamais vus. Il s’agissait de remplacer au pied levé les Wampas, qui avaient annulé leur prestation. Ça s’est transformée du coup en soirée groupes locaux. On n’a jamais joué sur une scène aussi énorme, c’était presque trop grand pour nous… Mais ça nous a donné un sacré coup de fouet, ça a été une sorte de facteur déclencheur, Maintenant, on est tous motivés à aller de l’avant, tout en visant la qualité. »
Et la suite, c’est quoi ? « Nous avons encore quelques concerts de prévus cet été, puis nous devrions nous retirer pour enregistrer d’ici au mois d’octobre », explique Gérard. Suivez les pérégrinations des Bérets Bas, en léger différé, sur leur blog http://lesberetsbas.romandie.com. Bon vent !





Focus
A fin 2005, les Bérets Bas prenaient une pause hivernale qui fut l’occasion de procéder à quelques changements au sein du groupe. « Avant, on faisait de la musique pour s’amuser, comme un loisir. Au bout d’un moment, c’est devenu plus sérieux, mais tout le monde ne suivait pas. Certaines personnes sont donc parties et d’autres sont arrivées. Nous sommes maintenant dans une bonne dynamique, on pousse sérieusement pour que ça marche », nous dit Gérard. Aaaaah… l’éternelle tension entre la musique comme loisir et la musique comme travail…
Notre avis
La chanson des Bérets Bas est bien plaisante à l’oreille, surtout qu’elle s’enrichit, on vous l’a dit, de couleurs diverses empruntées aux voisins. Egalement très entraînante, leur musique bénéficie d’arrangements éclectiques rendus possibles grâce aux apports d’instruments comme le violoncelle ou l’accordéon. Le plaisir des huit musiciens à jouer trouve un écho dans celui que le public a à les écouter. Qui va s’en plaindre ? Chapeau bas ! (Je sais, elle est facile…)
yann || le 06 juin 2006