Qui est l’im**cile qui a dit que le punk était mort ? Par l’intermédiaire d’un deuxième album, le combo genevois s’attelle à prouver le contraire de manière on ne peut plus convaincante.
Dans les bacs depuis le 24 avril dernier, The Last March of The Ignorants est un concentré d’énergie punk-rock, mélodique et enragé à souhait, bref, de quoi combler les amateurs du genre, et les autres.
Né à la fin des années 1990 d’une union musicale entre le Révérend Seb et Igor Gonzola ( !), Hateful Monday a conquis ses lettres de noblesse dans la région genevoise et ailleurs à la force de ses accords implacables et de ses mélodies incisives. Après un album (Take a Breath) sorti en 2004 sur la structure Hannibal Records (Body Bag, …) qui leur a permis de tourner pas mal en Suisse et en France voisine, les quatre musiciens du groupe, (j’ai nommé le Révérend Seb à la basse et à la voix, l’Igor Gonzola à la batterie, ainsi que Matt et Gr3g, tous deux à la guitare), reviennent avec un deuxième opus plus mature et plus achevé.
Outre des compositions fraîches et bien emballées, les Genevois ont mis le paquet côté production. S’il a été co-produit et enregistré au Rec Studio par Serge Morattel (Knut, Tantrum, …), l’opus s’est offert un mastering de grande facture dans le milieu punk-rock. En effet, The Last March Of The Ignorants a traversé l’Océan atlantique pour se retrouver dans les petites mains d’Eddie Schreyer, dans le studio californien Oasis Mastering qui a vu défiler, entre autres, Slipknot, Bad Religion ou System of a Down, rien que ça.
En onze titres, les 4 compères du combo Hateful Monday mettent les formes pour prouver de bien belle manière leur engagement et leur fidélité envers la musique qui les fait vibrer. C’est agréable à entendre, d’autant plus que les sermons engagés du Révérend Seb ne gâchent rien. En résumé, il semble que le jeune groupe, à qui l’on souhaite tout le bonheur du monde mais version punk (vaseuse la référence…), se fait plaisir et fait plaisir au passage à l’auditeur, averti ou non. Amis de la musique tendez l’oreille, il se pourrait que l’on reparle d’Hateful Monday dans quelques années encore ! A noter encore que le disque est distribué par Irascible pour la Suisse et par Overcome pour la France, donc logiquement disponible dans toutes les bonnes crèmeries.




Focus
Plutôt que de vous faire subir encore une fois mon bla-bla, je vous propose dans ce focus, de lire quelques phrases qui figurent à l’intérieur du livret de The Last March of The Ignorants :
«Nous n’avions aucune cause à défendre, aucune guerre, nous ne subissions aucune opression…
Nous avons toujours été la majorité flagrante, la confortable classe moyenne vautrée dans le luxe et l’abus, en manque de rien et lasse de tout…
Sans égard pour ce qui nous entourait, nous nous plaignions inlassablement, sans savoir quoi dire exactement.
Réfugiés dans des valeurs factices, nous n’avons pas vu le danger qui nous guettait.
Nous ne sentions pas la terre gronder, nous ne pensions pas que cette ère tant prospère s’écroulerait, nous ramènant à notre triste réalité…
Certains d’entre nous dansent encore, ravis et insouciants, sur la carcasse d’un monde à l’agonie…
La Dernière Marche des Ignorants. »
A bon entendeur.
Notre avis
Même si le punk-rock n’est pas vraiment mon rayon, je dois reconnaître que j’ai bien aimé The Last March of The Ignorants. En fait, à la première écoute, ça m’a rappelé le temps où j’écoutais à fond Pennywise (le titre Same Old Story, toute une histoire ça, je vous raconte pas..), NOFX ou The Suicide Machines. Là où j’ai encore mieux aimé, c’est quand je me suis rendu compte que la comparaison était possible mais qu’elle s’arrêtait en fait assez vite. Bien que naviguant dans un univers assez « fermé » au niveau musical, les gars d’Hateful Monday évitent le réchauffé et proposent, à mon avis, une forme et un fond originaux et bien à eux.
La voix du Révérend Seb se laisse écouter sans jamais devenir énervante. Les lignes mélodiques et rythmiques développées par les musiciens sont rapides, énergiques, bien foutues et ne laissent pas le temps d’aller choper une bière dans le frigo. Côté production, on n’en parle pas, c’est fait et on a déjà dit que c’était très bien. A mon avis un très bon disque, accessible à tous et qui risque presque de donner envie aux moins convaincus d’aller se traîner à un concert d’Hateful Monday, juste pour voir ce que ça donne.
seb || le 19 juin 2006