Le Funk Collectif, grosse artillerie funky jurassienne, distille un groove percutant avec cuivres et chœurs dans la plus pure tradition du genre. Rencontre avec leur guitariste Simon.
Salut Simon! Dis-moi, comment le Funk Collectif a-t-il débuté?
En fait, nous sommes issus de deux formations delémontaines, Juicy Orange et K‑Bagekrust. Nous nous sommes regroupés pour un concert lors d’une soirée funk à l’occasion de la Quinzaine Culturelle de Moutier, en septembre 2002. À l’origine, ce devait être un concert unique. Nous avons tous eu beaucoup de plaisir à collaborer, et comme ça s’est très bien passé sur scène, nous avons décidé de continuer, suite aussi à d’autres propositions de concerts qui nous ont été faites. On se connaissait de toutes façons, et ça s’est fait assez naturellement. Mais au départ, nous n’avions pas forcément prévu de poursuivre après ce concert.
Vous avez commencé avec des reprises, mais votre répertoire contient également quelques morceaux de votre cru. Comment construisez-vous votre set? Avez-vous l’intention d’inclure de plus en plus de vos propres compositions?
Nous avons effectivement commencé avec des reprises, à la base pour des questions de temps. Mais nous avons toujours prêté une attention particulière aux arrangements, en incorporant et en modifiant des thèmes connus pour nous approprier les morceaux. Au départ, il a fallu un certain temps pour que les deux groupes apprennent à se connaître musicalement. À présent, nous travaillons de manière plus efficace, ce qui nous permet d’inclure des compositions personnelles. Nous pensons effectivement à tendre vers un répertoire contenant plus de morceaux de notre cru, mais nous continuerons parallèlement à travailler sur de nouvelles reprises. Cette marge de manœuvre permet au groupe de suivre au mieux ses envies.
Comment travaillez-vous avec autant de musiciens, sachant que vous répétez à Delémont, mais que vous êtes expatriés pour la plupart hors du canton du Jura ?
Il y a suffisamment de motivation et de plaisir à jouer ensemble pour que les gens reviennent régulièrement dans le Jura. Au niveau du travail de groupe, tout le monde s’investit dans les arrangements et la musique en général. Il n’y a pas de leader à part entière, un travail est réalisé par section (cuivres, chant, rythmique), à part. Pour les compositions personnelles, en général l’auteur du morceau donne des directions plus précises sur le style, le balancement du morceau.


Focus
Dans la plus pure tradition des groupes de black music des années 70, le Funk Collectif a développé le côté spectacle de ses prestations scéniques. Chorégraphies, robe à paillettes pour ces dames et chemise-cravate pour ces messieurs sont de rigueur. « Actuellement, nous travaillons dans deux directions, améliorer encore la mise en scène de nos concerts tout en continuant à perfectionner l’aspect musical et la recherche sonore, nous dit Simon. Des gens sont déjà venus nous dire des choses du style « Moi, j’y connais rien en musique mais ça m’a fait plaisir de vous voir vous éclater sur scène ! » Pour nous, c’est important ». Et ça le fait!
Notre avis
Le Funk Collectif s’est produit dans le cadre de la première édition de l’Indigène Festival, le 3 décembre dernier à Porrentruy. Ou plutôt le 4, puisque leur concert a débuté après 4 heures (du jamais vu, mais bon, c’était dans une discothèque et c’était nuit libre)!
Malgré la fatigue et la longue attente, le groupe a néanmoins parfaitement rempli sa mission : bouter le feu à ce qu’il restait du public vu l’heure tardive. Oscillant entre pur funk et disco, le groove rythmique est contrebalancé par les envolées very soulful des chanteuses et les riffs de cuivres. Le Funk Collectif enchaîne avec facilité les reprises de Chic, les Pointer Sisters, Stevie Wonder ou Rufus with Chaka Khan (jubilatoire Once you get started !) Quelques ballades pour calmer le jeu et ça repart, avec également les compositions de Raoul (claviers), dont Shine, parfaitement dans le style old school disco-funk, ou encore un morceau résolument moderne aux accents hip-hop et rappé par Pascal (percussions).
Play that funky music, white boy !
yann || le 24 janvier 2005