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Chlorofeel : les contre-temps des Valaisans ont défrayé la chronique cette année.

Chlorofeel

Chlorofeel ? Ce nom ne vous dit encore rien ? Pas de panique, cela ne saurait tarder. Le combo valaisan ne pratique en effet l’art de la pompe et de la ligne de basse qui tue depuis septembre 2005 seulement.

En quelques mois pourtant, les 8 musiciens originaires du centre du canton ont pris le temps de se faire remarquer sur quelques scènes régionales et de sortir un premier EP quatre titres de qualité, malheureusement pour le public, uniquement dédié au management et à la promotion.

Vous l’aurez peut-être deviné, Chlorofeel c’est du reggae. Un reggae singulier à plus d’un titre, épuré et bien ficelé de manière générale. «Le reggae nous sert de fil rouge, c’est en fait la musique que l’on affectionne tous» explique Samuel, le batteur du groupe.

Musicalement basés à Savièse, les huit membres du band (Delphine et Sohela au chant, Alex K au saxo et à la flûte, Alex S aux claviers et au mélodica, Bastien à la basse, Guillaume à la guitare, Kula à la percussion et Sam à la batterie) ont une histoire qui a de quoi rendre vert de jalousie la plupart des jeunes groupes de la scène romande.

En effet, alors que la plupart des groupes novices galèrent (parfois longtemps, souvent très longtemps) pour convaincre les programmateurs des salles de leur région de leur laisser juste un petit bout de scène pour se faire les dents, Chlorofeel n’a pas eu à attendre ni à batailler bien longtemps. «Un de nos titres a été sélectionné sur une compilation (Mystical Music) de musique qui était en fait un projet d’une classe de l’école de commerce. Les Zion’s Power, qui figuraient aussi sur la compil’, ont aimé ce que nous faisions et nous ont invités à faire la première partie du concert du vernissage de leur disque au mois de mars au NED de Montreux» note Sam.

Un concert de grande mouture plus tard et voilà nos huit Valaisans qui remportent, lors d’un contest, une place sur l’affiche du Tohu-Bohu festival en septembre dernier. Non content de tout rafler sur leur passage, grâce au titre présent sur la compilation Mystical Music, les programmateurs du Caprice festival de Crans-Montana (rien que ça !!) les invitent à la prochaine édition qui aura lieu à la fin de l’hiver prochain ! «C’est vrai que tout est allé très vite, il faut aussi reconnaître que nous avons eu de la chance» note Sam.

N’allez toutefois pas croire que ces différentes scènes sont imméritées ou que Chlorofeel se repose désormais sur ses lauriers, il n’en est rien. Le groupe travaille d’arrache-pied, que ce soit au niveau de la composition ou de la préparation de concerts, tentant de lier musique et activité estudiantine ou professionnelle.

Après avoir passé l’été à enregistrer, produire et éditer un premier EP intitulé First impressions, destiné à la promotion de la musique du groupe, les musiciens ont décidé de faire encore quelques concerts avant de s’accorder une petite pause… histoire de continuer à composer. «Même si tout va très vite et que ça marche pour nous, nous gardons les pieds sur terre. Nous allons progresser étape par étape, en tenant de faire les choses le mieux possible». On se réjouit !


 

chlorofeel

 

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Focus

Une fois n’est pas coutume, deux femmes font l’objet de ce focus. J’ai donc l’honneur de vous présenter Delphine et Sohela, les deux lead-singers du groupe Chlorofeel. Cette particularité sonore, en plus d’être de qualité et douce pour les oreilles, doit absolument être soulignée dans un monde musical, celui du reggae-dancehall, ou les femmes ne sont que trop souvent reléguées à trois tâches bien distinctes : participer au concours mondial de la dancehall queen et remuer les fesses, chanter en tant que choristes et faire la bouffe dans les loges ou acheter son billet de concert et chanter dans sa douche, comme tout le monde. C’est vrai, je pousse un peu loin la caricature, que les puristes du genre me pardonnent.

Cependant, à ma décharge, faites l’exercice suivant : prenez tous les groupes de reggae romands à l’heure actuelle et comptez combien sont vocalement dirigés par des ladies ? Un seul si je ne m’abuse : Chlorofeel.

Et franchement, Delphine et Sohela ne sont pas que là pour l’image. Leurs voix, bien qu’encore un peu hésitantes surtout en live (à ce que j’ai pu en voir), s’accordent de façon on ne peut plus harmonieuse. Aussi à l’aise dans les registres roots que ragga, les deux dames dirigent très bien leur barque, avec une marge de progression qui ne peut que mettre l’eau à la bouche de l’auditeur. Chapeau et respect mesdames, continuez sur cette voie !

Notre avis

Pour un groupe qui ne joue ensemble que depuis un peu plus qu’une année, Chlorofeel se défend bien, très bien même. En témoigne leur premier EP sorti au mois de septembre dernier. Les quatre titres présents sur la galette (Live in this time, Introdubtion, Nature, Rabbit) sont frais, bien ficelés et techniquement très bien interprétés. Quelques longueurs parfois, au niveau des introductions, pourront peut-être faire piaffer d’impatience l’auditeur qui aime que les sections rythmiques s’imposent d’entrée. La grande diversité d’instruments et la technique des musiciens ne souffrent d’aucune critique, à l’image de la prise de son et de la post-production du disque, apparemment réalisé dans les règles de l’art. Côté chant, vu le bien qui a déjà été dit, inutile d’y revenir.

Bien que, selon les dires du guitariste, l’enregistrement d’un premier LP ne soit pas encore forcément envisagé ces prochains mois, on ne peut, au vu de ce premier essai fort bien transformé, que l’attendre avec impatience. Peut-être pour la fin de l’année 2007? Stay Tuned !


 

seb  ||  le 13 novembre 2006


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