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The Lovejoys, et tu ne t’arrêtes plus !

The Lovejoys

The Lovejoys distillent une musique old school, à mi-chemin entre le rock des sixties et le funk des seventies, et qui n’attend que de faire vibrer le dancefloor. Le but avoué, c’est de passer une bonne soirée dans une ambiance rétro. Et ça le fait !

« Tiens, j’ai quelque chose pour toi, je suis sûr que ça va te plaire », m’a dit Fabdun lorsqu’il m’a confié l’album des Lovejoys, « And you don’t stop » afin que j’en fasse ma prochaine chronique. Et alors que je venais de le déposer sur ma platine et d’appuyer sur play, les premières notes du disque s’égrènent. C’est bien parti, me dis-je. Et ce son, c’est bien vintage… C’est là que je mets un nom sur ce que j’entends : une reprise du Good times bad times de Led Zep. Ah ben tiens, kool, me dis-je. Je regarde au dos de la pochette. Mais ils font que des reprises ? « Le but, c’était d’interpréter des versions instrumentales de reprises entre funk et rock groovy, des morceaux que beaucoup de rappeurs utilisent comme samples pour faire leurs instrus. Mais nous avons également nos propres compositions, dans lesquelles nous essayons de conserver le même esprit », explique Tristan, l’une des chevilles ouvrières des Lovejoys.

Composé de 8 musiciens entre 20 et 35 ans, tous très actifs sur la scène biennoise depuis les années 90, The Lovejoys s’est formé au tournant de l’an 2000, sur les cendres d’un autre groupe biennois, Salmonella Q. « Salmonella Q s’endormait un peu, mais en même temps, on recevait toujours des demandes de concerts, alors on a réfléchi et changé le concept en The Lovejoys », poursuit Tristan. Le concept, c’est cuivres et costards blancs, le style orchestre de bal, un peu comme à l’époque de nos parents. Et le genre musical (si on part du principe qu’il n’y en a qu’un) qui l’accompagne est particulièrement propice à une ambiance festive avec du bon son.

Après quelques temps passés à répéter et donner des concerts, arrive ce qui arrive dans la vie de beaucoup de groupes : l’envie de graver sa musique sur une galette, d’enregistrer un album, quoi. Tristan décrit le processus : « On a complètement changé notre façon d’enregistrer. Plutôt que de payer super cher des journées de studio, on a fait ça chez nous ». Et les compères de porter une attention particulière au son : « On a fait ça moitié-moitié : on enregistrait sur un ordinateur en 32 pistes, donc en numérique, mais on a utilisé du vieux matos, des vieux amplis, des vieux micros, afin d’avoir un son bien old school, qui colle à notre musique ».

Le résultat, c’est « And you don’t stop », 13 morceaux tendance surf music, funk boosté et rock groovy, en majorité instrumentaux mais assez survoltés. Et ça marche ? « On a tiré 500 exemplaires en CD, pour montrer qu’on existe. Mais surtout, on vient de sortir un vinyl « The streets of San Francisco/Hit me till I’m blue » qui est parti à 500 exemplaires en quelques semaines, sur le label anglais Marmot Music. On a été assez surpris par cette performance mais ça nous rend d’autant plus enthousiastes », précise Tristan. Enthousiasme, voilà le mot que je cherchais pour décrire la musique des Lovejoys.

 

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Focus

« And you don’t stop » a été publié sur le label Langusta Recordings. Kézako ? Eh bien, à la base, Langusta est un collectif de musiciens biennois, une structure qui s’est petit à petit « professionnalisée » sous la forme d’un label, avec studio, agence de booking et tout le toutim. Le label est spécialisé dans l’« entertainment et l’underground » et plusieurs autres groupes gravitent dans son giron, comme Amos Corny, Borotron ou Simon Gerber. Ça grandit, mais Langusta ne se prend pas pour autant la tête : « On travaille sérieusement, mais on prend les choses comme elles viennent, les unes après les autres. On ne se pose pas trop de questions, on le fait parce que personne ne le fait pour nous, c’est notre philosophie do-it yourself », explique Tristan. À voir sur le site internet, www.langusta.ch, c’est bien parti, avec notamment un accord de distribution avec RecRec. En outre, les Lausannois de Climax enregistreront leur album au studio Langusta dès février 2007.

Notre avis

The Lovejoys revendique une couleur musicale rétro, avec un répertoire comprenant des oldies et des compositions originales aux sonorités old school. Le groupe y réussit plutôt bien, et si le disque ne suffit pas, il y a encore différents titres en mp3 sur le site internet, dans la même veine. En bonus, deux morceaux plus latino, dont un filmé en live avec Simon Gerber au chant, preuve s’il en faut de l’aisance scénique des Lovejoys. Des guitares à l’attaque bien sèche, un orgue Hammond tournoyant et des cuivres fort à propos font de ce cocktail une machine à remonter dans le temps qui a l’avantage d’arriver à destination en entier.


 

yann  ||  le 04 décembre 2006


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