Vous avez envie d’une nouvelle expérience instrumentale? Alors venez découvrir un des rare "One man Band" jouant du surf rock essentiellement instrumental... Ouvrez grand vos petites oreilles, elles vont adorer!
Rencontre avec Lionel Gaillard, auteur-compositeur-interprète de Husky.
Peux-tu me parler de la création de Husky ?
Au début, c’était un projet qui devait être unique. Dans le cadre d’une soirée à Frison on m’a proposé de faire ça. Je ne savais même pas tellement ce que j’allais faire. Et puis ma copine s’est achetée une batterie et moi je n’avais plus de groupe. J’ai alors commencé à jouer de la batterie et de la guitare en même temps. Ça s’est monté un peu comme ça. Et c’est vrai que le concert s’est bien passé. C’était en automne 2005, après cela m’a motivé à faire d’autres dates et enregistrer des morceaux aussi.
Pourquoi as-tu baptisé ton projet Husky ?
En fait c’est en hommage à un groupe qui s’appellent les « Spotnicks ». C’est un groupe de surf rock suédois des années 1960. Sur un de leur album, qu’on m’a offert, il y a justement un titre qui est assez épique nommé « Husky ». Alors c’est un peu le point de départ au niveau du nom.
Pourquoi avoir décidé de créer un « One man Band » ?
Avant cela j’ai joué avec d’autres groupes. Mais vu que je pensais faire quelque chose d’unique et que je ne voulais pas passer trop de temps avec des gens pour fixer des répétitions, etc, je voulais faire ça un peu quand ça m’arrangeait. Je me suis rendu compte finalement que c’était aussi agréable de faire de la musique seul. Ça a aussi pas mal d’avantages. C’est une approche qui est vraiment intéressante. Ça me permet d’improviser sur scène, d’être complètement libre, d’accepter des plans ou d’en refuser sans devoir consulter cinq personnes. Mais par contre je suis le seul à ramasser les tomates...
Concrètement comment ça se passe pour tes concerts ?
Je fais très peu de démarches. J’ai une agence qui s’occupe de faire mon « booking ». Mais actuellement avec MySpace je reçois beaucoup de demandes directement. C’est un bon moyen pour faire de la pub et trouver des concerts.
Comment se passe ton travail d’auteur-compositeur-interprète?
En fait j’ai toujours été un fan de surf rock, donc de toutes ces musiques instrumentales des années 1960, comme par exemple toute la VO de Pulp Fiction. C’est des choses qui m’ont beaucoup inspirées. Et c’est vrai que j’ai toujours rêvé de monter un groupe dans ce genre-là. Et quand j’ai monté ce projet je me suis dit que c’était une bonne occasion de mêler quelque chose de finalement assez traditionnel comme le surf rock, et une configuration qui est peut-être un peu plus décalée dans le fait de jouer seul. De manière générale, ma musique évoque vraiment les années 1960, la science fiction, le futurisme de cette époque avec une petit dose de rock’n’roll, de bagnoles, de sexe et de drogues. C’est quand même assez des clichés que je réinterprète. Mais ça reste quand même plus dans l’ambiance que par le biais de textes. Je fais ça juste pour m’amuser et que pour les gens s’amusent. Derrière tout ça, il n’y a ni plan de carrière, ni d’album prévu. Ca reste quelque chose d’assez « en dehors ».
Ta particularité ?
Ma particularité c’est surtout la configuration de Husky qui est assez unique. Ça veut dire que je joue en même temps orgue, batterie, guitare et parfois harmonica. Je n’enregistre rien avant. Je joue vraiment « en live ». Donc ça a aussi un côté hyper minimaliste qui peut être des fois même bancal. C’est plus une performance. C’est vraiment la configuration qui fait que Husky est spécial, plus que la musique elle-même.
Pourquoi associer orgue, batterie et guitare ?
La guitare et l’orgue c’est quand même des instruments qui sont assez caractéristique du surf rock des années 1960. J’adore les deux et je n’arrivais pas à choisir. Alors j’ai décidé de prendre les deux, et d’y ajouter encore la batterie. Il y a pas mal de « One man Band » qui font du blues avec guitare, harmonica et batterie. Je trouvais ce concept assez génial. Mais de jouer du blues ce n’était pas quelque chose qui me correspondait. J’ai voulu aussi apporter quelque chose de personnel c’est pour cela que je me suis tourné vers le surf rock.



Focus
Avec un talent pareil, pourquoi ne pas avoir sorti un album ?
J’ai fait simplement une démo il y a maintenant une année. Je l’ai enregistrée et mixée en studio à la Fonderie à Fribourg. Mais c’est vraiment quelque chose qui n’a pas été distribué, que j’ai fait pour moi, pour offrir à mes copains éventuellement pour vendre à la fin de mes concerts. Je n’ai pas cherché à la sortir sur un label. Mais bientôt, j’ai un quarante-cinq tour qui devrait sortir. Pour moi ce n’est pas une priorité de sortir un album et de rentrer dans ce train-train album-tournée-album-tournée. J’ai aussi d’autres projets musicaux à côté de Husky auxquels j’attache tout autant d’importance. Donc tant que les gens m’appellent pour aller jouer de temps en temps ça me suffit. Je ne veut pas forcément pousser ce projet plus loin. Ce qui m’intéresse vraiment c’est jouer en live, de m’amuser, de faire la fête.
Notre avis
La démo de Husky qui comprend 6 titres m’a, dès la première écoute, complètement séduite. L’association de l’orgue, de la batterie et de la guitare évoque les mélodies californiennes typique du surf rock des années 1960. Nous reconnaissons des influences de groupes tels Dick Dale, Link Wray, Blues Explosion et les Ramones. Vous êtes littéralement plongé dans une atmosphère toute particulière. Vos oreilles sont - si je peux dire - carrément « hypnotisées », tant cette démo est d’une qualité instrumentale et technique impeccable.
clémence || le 22 janvier 2007