Avec son premier album Snapshot Rock’N’Roll, Climax propose un garage rock à tendance rétro fait de multiples influences. Rencontre avec l’organiste et chanteur Raphaël Noir en marge du concert au SAS de Delémont samedi dernier.
Salut Raphaël ! Peux-tu présenter Climax aux lecteurs de Newzik.ch ?
Climax est un groupe de rétro-rock, c’est-à-dire quelque chose qui se veut une relecture des grands courants des années 60 et 70. Une sorte de patchwork assez jouissif, un mélange de beaucoup d’influences qui à l’époque étaient peut-être contradictoires mais qui aujourd’hui ne le sont plus du tout. Et ça donne quelque chose d’assez intéressant de pouvoir mélanger des références autant très britanniques, du courant mod (Kinks, Who, etc.) par exemple, avec d’autres choses complètement différentes, Elvis, Iggy Pop, et de colorer ça avec des sons de synthé style Depeche Mode, une flûte à la Jethro Tull et des guitares façon surf music. C’est aussi une musique très visuelle, nous avons des costumes, une mise en scène, des décors qui sont partie intégrante de l’univers de Climax. C’est aussi ce plaisir-là, de ne pas seulement offrir du son mais tout un univers visuel.
Vous êtes directement issus de Pancake. Votre bio dit que vous vous êtes auto-dissous, et voilà que vous renaissez quelques temps après. Que s’est-il passé ?
Au bout de 7-8 ans d’existence de Pancake, des membres du groupe ont décidé de partir, et ce que nous avions vécu était tellement fort que nous ne pouvions pas continuer sous le nom de Pancake. Début 2003, nous avons tout arrêté (après 200 concerts, NDA). Après, je voulais aussi passer à quelque chose de moins funky, et j’en ai parlé à certains ex-membres de Pancake qui souhaitaient continuer et qui m’ont fait confiance et m’ont dit : « Vas-y, on te suit ». Climax est donc né peu de temps après, en 2004. Cette nouvelle orientation plus rock a aussi fait que nous devions changer de nom, afin d’éviter les erreurs de programmation, même si le nom de Pancake ouvrait bien des portes au niveau marketing.
Vous êtes donc reparti au quart de tour avec Climax, et votre premier album Snapshot Rock’N’Roll est sorti il y a trois semaines. Vous êtes en pleine tournée promo, comment le disque a-t-il été accueilli jusqu’ici ?
Nous avons fait quelques concerts, dont le vernissage au Romandie à Lausanne. Là, c’était sold-out, on n’a rien compris, c’était bourré de monde, les gens nous ont extrêmement bien soutenus, c’était très agréable et très émouvant pour nous. Sinon en général, il y a de très bons retours. En même temps, c’est une formule tellement différente qu’on doit trouver nos repères entre ce qu’on faisait avant la sortie de l’album et maintenant, car c’est déjà bien différent, autant dans la mise en scène que dans le son. Ça nous demande un peu de temps pour bien entrer dedans et vraiment être à l’aise et prendre du plaisir, mais c’est un chouette défi et il y a un bon potentiel. Les concerts jusqu’ici se sont très bien passés, mais on est encore au début, et on a envie de voir comment ça se passe par la suite. Et l’accueil médiatique a été très très bon, dans l’ensemble on a été bien soutenus, les médias ont envie de parler de nous. Donc on continue et on verra.
Snapshot Rock’N’Roll est sorti sur le label biennois Langusta (voir l’article ici). Comment en êtes-vous venus à collaborer ?
On a connu Langusta par le biais de Tristan Triponez, qui est l’une des chevilles ouvrières du label, lors d’un concert de Pancake à Bienne qu’ils avaient organisé. On était admiratifs devant leur créativité, leur inventivité extraordinaire et l’excellence de leur travail. Mais on ne s’est pas revus pendant quelques temps, et l’an dernier j’ai travaillé avec Simon Gerber, qui tourne autour aussi de Langusta, et il a fait écouter une démo de Climax à Tristan qui s’est rappelé à notre bon souvenir… C’est une petite structure qui n’a pas beaucoup de moyens, mais qui a mis plein de choses à notre disposition, nous partageons le même état d’esprit et il y a une grande confiance réciproque. Ça nous a permis de sortir Snapshot Rock’N’Roll sur un label, et ça c’est bien aussi au niveau de la promotion et de la distribution.



Focus
Climax était en concert au SAS de Delémont samedi 17 mars. Le groupe a, en pull a col roulé vert moulant (et surtout pas vermoulu ;-)) sur pantalon en cuir, gratifié les spectateurs d’un gig énergique et puissant. Le son live vraiment brut de décoffrage y était pour beaucoup, et certains riffs te-plombent-au-sol-comme-c’est-pas-permis, comme sur Get out ou le Snapshot Rock’N’Roll qui donne son nom à l’album. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça décoiffe ! On apprécie également le côté déjanté du groupe, avec ses chorégraphies signées Mya Frye (dixit Raphaël), ses paroles chantées au mégaphone, son look vraiment rétro jusqu’aux coiffures des musiciens, en particulier le batteur et le guitariste). Devant un public jurassien pour le moins clairsemé, Climax a su mettre a profit l’espace vital à disposition, descendant de scène (bon, vous me direz, au SAS c’est pas bien compliqué) pour mieux entraîner le public. Un show vraiment efficace par des musiciens rompus à la scène. Raphaël : « C’était chouette ! Y avait pas beaucoup de monde, mais les personnes présentes ont l’air d’avoir apprécié et rien que ça, ça vaut de donner tout ce qu’on peut ! »
Notre avis
Climax, quand on a eu connu Pancake, c’est un gage de qualité. Le sieur Raphaël Noir y est pour beaucoup, en tant que principal auteur-compositeur. Mais l’énergie wack’n’woll qui traverse ce Snapshot Rock’N’Roll est le fruit d’une symbiose évidente entre les cinq musicos du combo vaudois. Ce son résolument rétro, cette batterie qui sonne et qui tape comme dans les sixties, cette guitare trémolo aux riffs pêchus et cette couleur musicale pour le moins vigouss’ convaincra rapidement les plus réticents à taper du pied ! À se procurer de toute urgence !
yann || le 19 mars 2007