Le label genevois se bouge (et pas que la tête) pour faire vivre la scène rap. Newzik met un peu de lumière sur ce travail de l’ombre.
Cela fait depuis 2004 que Marc Aymon (pas le chanteur-astronaute valaisan !) et V. Muller ont lancé Hold’em Records. « A Genève, je connais beaucoup de gens qui font du rap, qui écrivent leurs textes dans leur case, explique le premier. Mais on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas beaucoup de labels qui aidaient les artistes à sortir leur truc. En tant que non-artiste, je me sentais concerné par ça. » Hold’em Records se tourne donc vers le rap, mais pas uniquement, puisqu’il cherche sans cesse à élargir les horizons : « Je suis né avec le hip-hop, enchaîne Marc. Créer ce label, c’était pour nous une manière d’entrer dans le milieu, de l’aider et de le faire reconnaître par les autres genres musicaux. »
Comme le dit Marc, « le but premier du label, c’est vraiment la promotion, d’un groupe, d’une musique. » Il s’agit avant tout de faire connaître les artistes et de les mettre en avant, tout en acceptant ce rôle de travailleurs de l’ombre. La promotion prend alors les formes les plus diverses : collaborations, compilations, organisations d’événements, « ce n’est pas juste sortir un album est c’est tout ». Hold’em Records compte ainsi dans sa discographie une première compilation « Etat second » (2005), l’album d’Oni et Epik « Abru(p)t » (également 2005), et deux autres compils « Vite en Vrac » 1 et 2. Le volume deux est actuellement en téléchargement gratuit sur le site et comprend des artistes comme Patatas Chipas Club, Oni/Epik, Jonas, Sim’s...
Par ailleurs, Hold’em Records se veut indépendant. Explications : « On ne dépend d’aucune subvention. L’argent qu’on a mis pour les albums, c’est le nôtre. Ce qui fait qu’on est totalement libres de faire ce qu’on veut. Mais en même temps, on ne peut pas encore se permettre des méga-projets ». Cela pousse alors les deux producteurs à de nouvelles expériences. Et les défis qu’ils se lancent vont au-delà de la simple production disquaire, comme en témoigne deux événements :
Le label genevois a ainsi tourné le clip « Ballade » d’Oni/Epik : « Ca s’est fait spontanément en fait, raconte Marc. Ce morceau m’avait tilté. Et en l’écoutant, je voyais des images. On s’est dit qu’on allait faire un clip. Il nous a coûté 40 francs, prix des cassettes et des sandwichs ! Je trouve que le résultat n’est pas trop mal. » C’est le moins que l’on puisse dire ! Une expérience que le label espère renouveler.
Il y a un an, une soirée au Piment Rouge à Genève a également été organisée : « Fabulous Soul Food ». « J’ai jamais vu un concert où les gens sont restés aussi tard dans une soirée. Et l’ambiance était vraiment peace. » Cette soirée musicalement éclectique a notamment vu le rappeur Buddha Monk (du Wu-Tang) poser ses lyrics. Excusez du peu…
Comment expliquer un tel résultat pour un label encore jeune ? En fait, Hold’em Records privilégient deux techniques pour réussir : le contact et…le culot ! Une technique reconnue et ô combien efficace. C’est ainsi que Sim’s figure par exemple sur la dernière compil’ : « j’avais entendu ses deux albums et j’aimais bien. J’ai décidé de le contacter, au culot. Et il a été d’accord de figurer sur la compil. Ensuite, je l’ai rencontré. »
A l’avenir, les deux compères entendent bien poursuivre dans leur volonté de promotion. Un coup d’œil sous notre « Focus » et vous connaîtrez LA sortie Hold’em Records à ne pas manquer...


Focus
Si vous avez cliqué sur la petite flèche verte en haut de l’article, c’est le son son rap et jazzy de DAZ-ini que vous entendez.
Et c’est incontestablement l’une des grosses collaborations de cette année 2007 chez Hold’em Records. Cet artiste confirmé, qui navigue entre Genève et Paris, rappe depuis une quinzaine d’années. A la base membre du groupe Force Pure, il s’est dirigé vers une carrière solo. Et c’est en septembre de cette année (2007) que sortira un album très attendu, « La Magicien ». Si ce disque sortira côté français chez JustLikeHipHop, c’est avec Hold’em Records qu’il a travaillé côté suisse, et cela depuis le début. Comme le raconte Marc, « c’est lui qui est venu nous chercher. Comme c’est un album qui sort en France et en Suisse, il voulait quelqu’un responsable pour la Suisse. Il avait déjà enregistré des morceaux avec nous. Et là, c’est génial : on a vraiment pu crée ensemble le concept du « Magicien ». »
Un maxi (vynil) de 3 titres est déjà disponible et l’album complet est donc prévu pour cet automne.
Notre avis
Dans notre petit pays, il n’y a pas que les artistes et les musiciens qui se bougent ! Il y a bien aussi des gens qui travaillent dans l’ombre. Et ils existent, nous en avons rencontré chez Hold’em Records. De temps en temps, ils méritent qu’on les mette eux aussi sous les projecteurs. Grâce à une grosse volonté et une philosophie claire, ils abattent un boulot incroyable.
Et ils sont ainsi dans une démarche finalement proche de la nôtre (sur Newzik.ch), sans prétention autre que faire connaître des artistes qui le méritent et des faiseurs de bonne musique.
françois || le 16 avril 2007