Ils sont cinq, font de la musique pour le plaisir, sans forcément se prendre au sérieux. En complète autonomie, ils viennent de sortir une démo six titres. Rencontre
Etablis à Porrentruy, au fond du Jura, les cinq musiciens du groupe Kez-A évoluent depuis quelques années déjà dans un univers pop-rock qu’ils défendent à coup de concerts régionaux, de répétitions mais surtout de plaisir. Désireux de passer prochainement à la vitesse supérieure, le combo a sorti au début de l’année un cd démo autoproduit de six titres, humblement intitulé « Under Construction ».
Comme un bon nombre de groupes régionaux, l’aventure commence par la rencontre de quelques potes au détour d’un local tenu par le père de l’un d’entre eux, musicien à ses heures. Séduits par les groupes qu’ils ont l’occasion de voir et d’entendre, les trois compères de l’époque décident de faire de même. Un second guitariste, une chanteuse et un bassiste sont appelés à la rescousse.
Tous, ou presque, néophytes dans le monde de la musique apprennent sur le tas, font leurs expériences, s’inspirent des autres groupes régionaux. Après quelques balbutiements et l’une ou l’autre prestation live, la chanteuse, trop éloignée géographiquement des autres musiciens, quitte le groupe. Restent alors Renaud (batterie), Lucas (chant), Hassan (piano, chant et guitare), Luc (guitare) et Régis (basse).
Occupés la majeure partie de la semaine par leurs activités professionnelles et estudiantines, les cinq amis confient vouloir privilégier avant tout le plaisir : « A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas envisager la musique autrement que comme une passion commune. Nous répétons deux fois par semaine et nous montons sur scène lorsque nous en avons l’occasion, dans l’optique de nous amuser et de si possible faire plaisir au public » expliquent Renaud et Régis, au détour d’une terrasse ensoleillée à l’heure du café.
Principalement influencés par des groupes qui se situent dans la lignée de Muse, les musiciens de Kez-A produisent un pop-rock assez varié. « Nous essayons d’alterner un peu les compos. Certains morceaux sont assez calmes, d’autres plus péchus, en fonction de l’humeur et de l’envie » note Régis. Chantés en anglais, les textes sont généralement écrits puis travaillés en commun, à l’image des mélodies. Autant variées que ces dernières, les paroles de Kez-A abordent aussi bien des problématiques profondes telles que l’amour (ah, l’amour…), que des aspects plus légers de la vie de tous les jours. A noter que, dans un pur moment d’humour, Kez-A s’est même fendu d’un titre sobrement intitulé Kebap et sur lequel le chanteur rivalise d’énergie en passant en revue la carte des mets du restaurant turc du coin… Un grand moment, expérience faite !
Après quelques années de répétitions et une vingtaine de concerts, les musiciens de Kez-A ont décidé de mettre sur disque leurs dernières compositions. Une démo six titres entièrement autoproduite a ainsi vu le jour au début de l’année. « Le but de ce disque n’est pas d’inonder le marché. Nous voulions avoir d’une part un support qui nous permette peut-être de décrocher quelques dates de plus et d’autre part, il nous fallait un disque que l’on puisse vendre pour une thune à la fin des concerts aux personnes intéressées » explique Renaud et Régis.
En parlant de concerts, à noter que vous pouvez retrouver Kez-A à la fête de la musique de Porrentruy ce samedi 22 juin et au festival de la Basse-Ville de Alle le 14 juillet prochain.




Focus
Quand on est petit, on rêve de devenir astronaute, pompier, spider-man ou… musicien. Qui parmi vous, fidèles lecteurs, peut affirmer sans voir son nez s’agrandir que jamais, ô grand jamais, il n’a imité l’un ou l’autre guitar-hero dans l’intimité de sa chambre d’enfant? Pour les plus chanceux, les plus talentueux et les plus acharnés, le succès et la gloire peuvent parfois devenir réalité au prix d’efforts incroyables et bout d’un chemin tortueux parsemé d’embûches, de producteurs véreux, de tirages de diable par la queue et de promesses non-tenues.
Les musiciens de Kez-A ne sont pas dans ce trip-là. Leur musique, ils l’aiment, ils en prennent soin et la font grandir. Mais ils ont délibérément choisi de laisser la gloire mondiale, le succès international et les comptes en banque à six chiffres aux autres. En toute quiétude, ils peuvent se payer le luxe (et quel luxe !) d’avancer à leur rythme et comme bon leur semble, de produire et de jouer la musique qu’ils ont envie de jouer, ni plus ni moins. Et ne vous y trompez pas : les musiciens de Kez-A jouissent eux aussi d’un petit groupe de fans et d’une reconnaissance régionale. Et oui, la musique, c’est ça aussi…
Notre avis
Soyons clairs d’entrée : les musiciens de Kez-A sont meilleurs en live que sur leur première galette autoproduite intitulée Under Construction. Non pas que ce premier essai enregistré soit mauvais, loin de là. Mais Kez-A évolue dans un univers musical qui, à un certain niveau, est plus abordable en live que sur disque.
A défaut de pouvoir se payer les moyens d’une pré et d’une post-production professionnelle, Kez-A a enregistré ses morceaux de façon brute, en les enrobant juste d’un petit mixage. Naturellement, cela s’entend, sans toutefois altérer l’écoute du disque. Les amateurs y retrouveront sans mal et avec plaisir les morceaux entendus en live pendant que les curieux auront avec ce disque de quoi peut-être susciter leur curiosité.
Les six titres, représentatifs de la palette de couleurs musicales chères au groupe, s’enchaînent plutôt bien. La voix du chanteur, quelque peu hésitante parfois, est généralement bien soutenue par une section rythmique en place et des guitaristes souvent bien inspirés. Une mauvaise note est peut-être à décerner du côté du son et du mixage, trop souvent inégal et dont on a parfois l’impression qu’il cache certains bons côtés du groupe plutôt que de les mettre en valeur.
seb || le 18 juin 2007