Ils sont cinq. Et ils en veulent. Basés dans le canton du Jura, les cinq musiciens du groupe Alyss élaborent actuellement un plan qui devrait leur ouvrir grand les portes du merveilleux monde de la musique helvétique. Portrait.
A mi-chemin entre 2004 et 2005 et tel le phénix, Alyss est né des cendres de plusieurs autres groupes de la région. «A l’époque, nous jouions tous un peu à droite à gauche. Trois d’entre nous formaient une partie du groupe Fuel 99 qui évoluait dans un univers très métal» indiquent les membres d’Alyss. Aujourd’hui et après plusieurs pérégrinations, notamment à la recherche d’un bassiste, le combo de Delémont se compose de Frédéric D’Amico, de Fabrice Rottet, d’Alain Widmer, de Frédéric Grandclaude et d’Anthony Chételat.
Une fois les premiers balbutiements dépassés, la formation a décidé de mettre les bouchées doubles. Nous sommes fin 2005. Le groupe prend quatre jours de vacances et s’enferme dans un studio d’enregistrement de la région pour enregistrer un premier opus. Quatre jours de mixage plus tard, la galette est prête. Histoire de ne pas perdre de temps, celle-ci est vernie en grande pompe au début 2006 dans un club delémontain. Et pour un premier concert, c’est un carton. «Un super souvenir. Le public avait vraiment répondu présent, l’ambiance était au rendez-vous. La classe» confessent les membres d’Alyss.
Forts de ce succès, les cinq complices partent à l’assaut des scènes et festivals régionaux. S’en suivront des concerts plus ou moins réussis, des aventures plus ou moins drôles. «Tu veux des anecdotes ? Il y en a plein à raconter. Comme par exemple la fois où on a pillé et détruit la cuisine d’un restaurant dans lequel nous avons joué… Ou ce concert au début de l’année en France où les gens se tapaient dessus juste devant la scène… ». Des moments inoubliables, qu’ils pourront, la larme à l’œil, raconter à leurs petits enfants d’ici quelques décennies.
Ceux qui auront lu attentivement les quelques lignes précédentes l’auront compris, Alyss évolue dans un univers définitivement rock. Les groupes qu’ils écoutent chez eux et à l’abri des oreilles indiscrètes l’attestent. «Cela va de groupes de rock français comme Noir Désir à des choses plus «traditionnelles» comme Muse en passant par des groupes carrément métal. Même s’il s’agit là des choses que l’on préfère, nous sommes également ouverts à d’autres styles» expliquent en cœur les cinq musiciens.
Côté projets, l’avenir s’annonce d’ores et déjà bien chargé pour le combo delémontain. Puisqu’il se fait tard et que je suis fatigué, je vous propose de lire la suite de l’article pour en savoir plus sur leur mystérieux plan de conquête musical de la Suisse… Juste en dessous là… Bonne lecture !





Focus
A l’assaut de la Suisse-allemande
Dans le monde de la musique indépendant suisse, la barrière de Roesti est une réalité. Pour des questions de langue principalement, il est en effet autant difficile pour les groupes romands de s’attaquer aux clubs, festivals et scènes d’outre Sarine que l’inverse. Les Jurassiens d’Alyss semblent toutefois avoir trouvé un bon filon.
Ce printemps, les cinq musiciens ont envoyé une démo cinq titres et un dossier de presse bien ficelé aux dirigeants et programmateurs de l’Abart club de Zurich. Quelques mois plus tard, ils étaient sélectionnés pour participer aux quart de finales du concours rock suisse-allemand Battle of The Band.
Ainsi, le dimanche 16 septembre prochain, Alyss aura droit à vingt minutes de concert sur la scène du club zurichois. Durant ce laps de temps et pour pouvoir continuer l’aventure, ils devront convaincre autant le jury que le public. Rien que pour leur quart de finale, 11 autres groupes auront la même idée en tête. La bataille risque donc de faire quelques étincelles. Au total, 48 groupes se mesureront entre les murs de l’Abart. Certains, à l’image de Melatonin, sont de vieilles connaissances de newzik.ch. A la fin du concours, les groupes les plus convaincants auront, entre autres, la chance de se produire sur la mythique scène du Volkshaus. A condition toutefois d’atteindre la finale…
Histoire de mettre toutes les chances de leur côté, les musiciens d’Alyss ont décidé d’organiser un déplacement en minibus pour leurs fans ! Les inscriptions sont possibles au 078 853 73 95. Avis aux amateurs.
Notre avis
A l’heure actuelle, les cinq compères d’Alyss ont gravé deux disques. Le premier est né quelques mois à peine après la formation du groupe en 2005. Le second est en fait la démo qui a permis au groupe de décrocher son ticket pour la phase finale du Battle Of The Bands de Zürich. Toutes deux enregistrées au studio delémontain Artsonik par Carryl Montini, ces galettes témoignent de l’évolution du groupe.
Sur la première, sobrement intitulée Emergency et riche de cinq titres, l’auditeur retrouvera un son grave et sombre sans être lourd. Les accords sont distillés avec force et puissance, les mélodies, somme toutes bien pensées, ne sont là que pour équilibrer, les musiciens préférant laisser parler la poudre plutôt que la finesse. Rien de surprenant à cela quand on connaît le passé de ces quatre jurassiens qui, pour trois d’entre eux du moins, terrorisaient il y a quelques années déjà les scènes jurassiennes avec une formation nommée Fuel 99.
Pondu il y a quelques mois à peine, les titres qui composent le second disque ont un côté plus calme, plus posé. Les rythmes se font plus lents, moins rageurs. Une trace de l’expérience acquise par le groupe au fil des scènes ? Pas sûr. Plutôt un choix, une évolution naturelle. Au lieu de s’exprimer dans l’urgence, Alyss semble vouloir maintenant prendre le temps de laisser parler son talent. Que les amateurs de gros son se rassurent toutefois, les cinq Jurassiens n’ont pas vendu leur âme à un quelconque dieu pop-rock et n’ont pas encore prévu d’ouvrir leur prochain opus avec la Cinquième de Beethoven.
Cette évolution témoigne toutefois d’une ouverture d’esprit musicale bienvenue et d’un certain potentiel, voire d’un potentiel certain. Qui ne demande d’ailleurs qu’à continuer de s’exprimer. Affaire à suivre.
seb || le 04 septembre 2007