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Elkee sort un premier album, entre ambiance aérienne et accents metal

Elkee

Les cinq musiciens d’Elkee proposent un rock atmosphérique parfaitement emmanché avec quelques passages plus soutenus tendant vers un metal bien puissant, parsemé de sonorités électroniques. Le tout est emballé dans un premier album à la production irréprochable et qui constitue une excellente surprise parmi les sorties suisses récentes.

Elkee est un combo neuchâtelois formé en 2002 sur les cendres de Psycho Ritual PO, un groupe qui a déjà pas mal bourlingué en une dizaine d’années d’activité. On prend les mêmes et on recommence, mais si les musiciens restent, les options musicales changent. « Avec Psycho Ritual PO, on partait dans pleins de directions sur des morceaux de douze minutes pas forcément accessibles à tout le monde. Nous nous sommes retrouvés il y a environ trois ans pour en discuter, et c’est à partir de là que nous avons monté Elkee », nous dit Mathieu, le chanteur. Il est également l’auteur des textes, pendant que son frère Emmanuel à la guitare s’occupe de la musique. Avec les apports de Christophe à la basse, Grégory à la guitare et Manuel à la batterie, les structures d’Emmanuel sont ensuite retravaillées, arrangées et appropriées par chacun des membres pour obtenir le résultat que l’on peut entendre sur Phosphene. Depuis l’époque Psycho Ritual PO, un grand travail a donc été fait sur la composition, avec des morceaux plus structurés et plus homogènes.

Dès le départ, Elkee s’est associé à Damp Music, maison de production neuchâteloise également en charge des Moonraisers, Kera ou Jah Man Gang. Mathieu : « On a pris notre temps au début. Après avoir choisi le nom du groupe, on a signé avec Damp, puis on s’est mis à travailler notre répertoire. Nous avons fait les choses dans les règles, commencé avec une maquette, et ensuite les choses se sont accélérées sur la fin. Nous avons enregistré chez Artsonik à Delémont et le mixage a été fait chez Damp, par Julien Fehlmann et Pascal Brunkow. Et le disque est finalement sorti en décembre dernier. »

Un disque qui a été plutôt bien accueilli pour l’instant, puisqu’il tourne sur les radios, notamment Couleur 3 qui a mis la chanson Rooted in the earth en Repérages dès le mois d’octobre 2004. En partant sur de telles bases, Elkee a concouru à la finale du Tremplin suisse pour les Eurockéennes de Belfort le 10 mars dernier, finale que le groupe a remportée et qui lui assure une place à l’affiche d’un des gros festivals européens au début juillet prochain. « Ce genre d’événements nous fait avancer, dit encore Mathieu. On ne fait pas ça pour la gloire, mais cette reconnaissance est quelque chose de très positif qui nous motive et nous pousse à continuer. » Nul doute que ça va bien se passer pour Elkee, qui donnera quelques concerts d’ici les Eurockéennes, à commencer par la Fête de l’Uni dans son fief de Neuchâtel le 4 mai, avant une tournée des clubs cet automne. « Des prestations qui, je pense, sont assez intenses. Nous avons un son qui reproduit celui du disque mais en plus pêchu grâce à deux guitares, à la limite du metal. »

 

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Focus

Phosphene, le premier album d’Elkee, contient onze titres qui reflètent les inspirations diverses des cinq musiciens. Ambiances planantes, atmosphères aériennes, avec une légère (voire appuyée) inclination pour le metal en contrepoids, caractérisent le son d’Elkee. Une couleur musicale aux accents mélancoliques où pointe encore une touche d’électronique, un son très travaillé et homogène font de ce premier opus une grande réussite.

Notre avis

Les textes de Mathieu, tour à tour introspectifs ou évocatifs à l’instar des haïkus japonais, se posent sur une musique au gros son qui montre la bouteille qu’ont pris les cinq membres d’Elkee au fil de leur expérience musicale. On retiendra le groove lourd de Soulplasma, les harmonies de The sons of mars en duo avec Claire Huguenin ou encore Magnolia, qui fait penser à Jeff Buckley. Quant au Repérage choisi par Couleur 3, Rooted in the earth, il s’agit d’une ballade un peu plus légère à base de guitare acoustique, avec des paroles de la chanteuse américaine Elke Ullmer (qui donne son nom au groupe), et qui enchâsse une partie solo aux couleurs plus jazzy, voire manouche. Un excellent premier jet qui laisse augurer d’une suite des événements qui verra certainement Elkee faire parler de lui cette année.


 

yann  ||  le 18 avril 2005


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