I Skarbonari, c’est une histoire de rencontres. Entre la Suisse, l’Italie, le Canada, l’Amérique du Sud. Autant de contrées pour autant de couleurs musicales, visitées et métissées dans un cocktail de ska, tarentelle, cumbia, reggae et latino jazz.
I Skarbonari sont de ces groupes qui jouent de la musique positive avec le sourire et qui cherchent à partager les bonnes vibrations avec le plus grand nombre. C’est pas du reggae, mais presque : une bonne base de ska contrebalancée par de la tarentelle italienne, avec des incursions du côté de l'Amérique du Sud. « Notre musique est un peu comme un carnet de voyage. Nous sommes originaires d’Italie, du Brésil, du Canada. Nous avons tous un peu vu du pays, je me suis moi-même imprégné des couleurs locales antillaises et sud-américaines… C’est pour ça que nous avons opté pour ce ska à l’italienne, » explique Mirko Dallacasagrande, chanteur principal et guitariste rythmique d’I Skarbonari.
Début 2003, Mirko, Gian-Carlo (basse) et Davide (batterie) avaient déjà travaillé sur l’album solo du premier. Jouant sur leurs origines italiennes, ils décident de se lancer dans le créneau de la chanson italophone. Deux autres musiciens tout aussi expérimentés les rejoignent, Esteban à la guitare et Mateo à l’accordéon, et les premiers concerts suivent rapidement. Mirko décrit l’esprit des concerts : « Notre musique a un petit côté cabaret, elle vient de la rue. Le fait que nous soyons d’origine immigrée nous permet d’utiliser le côté rassembleur de la musique pour communiquer avec le public et créer une ambiance positive et festive ».
I Skarbonari est donc bien un groupe qui se vit en concert, en prise direct avec l’émotion du moment. Cela n’a pas empêché les cinq compères de presser une quinzaine de titres sur un premier album sorti en 2005, Il monaco, dont quelque 3000 exemplaires ont été vendus jusqu’ici durant les concerts. « Nous avons sorti Il monaco sur notre propre label Solo Sole, dans un esprit d’autoproduction. Cela nous permet de prendre notre temps pour les enregistrements, car nous avons d’autres obligations professionnelles et familiales », ajoute Mirko. I Skarbonari est d’ailleurs en train de travailler au successeur d’Il monaco, et prévoit de coucher sur disque des collaborations avec différents musiciens rencontrés au détour d’un concert, toujours dans un esprit d’échange et de partage musical et culturel. « Le fait de jouer avec d’autres musiciens, d’utiliser de nouveaux instruments ou de nouvelles sonorités nous bouscule, stimule notre musicalité et nous fait avancer. Sinon, nous serions comme un vieux couple, » poursuit Mirko.




Focus
En concert, I Skarbonari établit très vite un lien chaleureux avec son public, créant une ambiance entraînant les spectateurs dans un univers enthousiaste et humoristique. D’où vient donc cette facilité à communiquer avec le public ? Le côté latino y est certainement pour quelque chose. Mais aussi l’expérience des musiciens, acquise notamment en jouant dans la rue. « Dans la rue, le public ne vient pas te voir, parce qu’il ne te connaît pas. Il faut réussir à l’intéresser, l’accrocher et le retenir, » dit Mirko. I Skarbonari se sont en effet produit lors de festivals de rue, à commencer par le Buskers Festival de Neuchâtel. Qui les a emmenés à celui de Ferrara, en Italie. Puis à Napoli, mais aussi en Belgique et en Hongrie. Le tout grâce à des contacts, au bouche-à-oreilles, en se propageant au gré des réseaux de connaissances. Toujours ces rencontres…
Notre avis
Si l’écoute du CD laisse entrevoir le potentiel du groupe en concert, il est évident qu’il vaut mieux voir I Skarbonari sur une scène. Toujours motivés pour faire danser, les cinq musiciens s’y entendent pour mener un spectacle et captiver leur auditoire, à coup de jolies mélodies latina et d’humour libérateur. C’est peut-être pour ça que les organisateurs n’hésitent pas à faire appel à leurs services, le public est ainsi assuré de passer une excellente soirée, dans la joie et l’allégresse !
yann || le 24 septembre 2007