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Faya Records sort la compil’ HHCH et se présente

Faya Records

Résultat d’un gros travail, ce volume 1 réunit une large palette d’artistes hip-hop de toute la Suisse. L’association genevoise à l’origine de ce projet ne pouvait pas passer inaperçu.

Faya Records, c’est une histoire à la fois simple et compliquée. Au départ, il s’agit d’un collectif, le Faya Effect. Dès 2002, il rassemble sous son nom les quatre groupes et artistes genevois de Mafia Gallega, Evidenzia, Lyrikal Kartel et Obé. « A la base, raconte Nelson, l’idée est toute simple : on s’est regroupé pour faire du son ensemble. Après on s’est dit qu’on pourrait faire quelque chose d’un peu plus sérieux en formant une association et en devenant une espèce de label indépendant. Avant tout pour sortir les différents groupes du label. » Et c’est ainsi qu’est né Faya Records, réunissant sept membres au total, auxquels vient s’ajouter Dj SKD. Nelson, responsable marketing de l’association, est par exemple Shins, l’un des rappeurs du Lyrikal Kartel.

Faya Records, c’est donc à la fois une association et un label. « On a envie de faire nos propres albums d’abord, enchaîne Nelson. Mais dans un moyen long terme, quand on aura acquis une certaine stabilité, on aimerait bien prendre d’autres groupes pour les aider. » En attendant, les sept membres investissent leur temps (et pas que leur temps !) à la réalisation de divers projets. Ils ont ainsi mis en place une structure, notamment un studio d’enregistrement à Genève. Celui-ci vient combler un manque en la matière. « Pour l’instant, il est réservé pour les membres de Faya Effect. Il faut être clair, ça prend énormément de temps. Pour cette année 2008, on met beaucoup l’accent sur nos propres projets. » Mais pas uniquement…

En effet, la grosse réalisation de ce début d’année est bien la sortie d’une compilation, HHCH volume 1. L’idée était la suivante : réunir un large éventail d’artistes sur tout le territoire helvétique et ainsi donner une palette de ce qui se fait actuellement sur la scène hip-hop suisse. Les sélections se sont faites via internet. Il s’agissait de proposer une vitrine à de jeunes artistes de qualité, certainement moins connus, et de leur offrir une certaine visibilité. Selon Nelson, les critères étaient bien précis : « On voulait vraiment sortir de Genève au niveau de la sélection, toucher toute la Suisse. Deuxièmement, un critère tout aussi important était la qualité. Enfin, on voulait privilégier la diversité au niveau des rendus musicaux. On sait que le disque n’est pas exhaustif, mais on a fait en fonction des données qu’on avait. » Au final, vingt titres ont été retenus parmi une cinquantaine de morceaux envoyés, avant d’être mixés au studio de Genève. « On a écouté les titres plusieurs fois entre nous, en essayant d’être le plus objectif possible. Au sein de Faya Records on a des influences qui divergent un peu. On n’a donc pas un rap uniforme. Pour nous c’était un garde-fou, ça a permis d’éviter que le disque soit trop typé. »

La sortie est fixée au 29 février prochain. Ce disque, résultat de longues heures de travail, a donné l’occasion à Faya Records de créer un réseau, d’autant plus large qu’il a permis de découvrir des mondes différents et d’avoir de nouvelles connections sur la scène hip-hop. Cette démarche est des plus intéressantes pour la suite des projets du label.

De plus, deux soirées sont déjà annoncées le 10 mai et le 7 juin 2008 au Piment Rouge à Genève. Elles verront se succéder, en deux parties différentes selon les soirs, les groupes présents sur HHCH volume 1. D’autres soirées de ce genre sont en préparation. Parallèlement, le label a également mis en route les disques des groupes respectifs du Faya Effect pour 2008. Après quoi une compil’ HHCH volume 2 est également prévue.

Quand un groupe se bouge, il ne peut qu’aller de l’avant. Et tout, finalement, n’est pas si compliqué…

 

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Focus

Avec HHCH volume 1, Faya Records a relevé le défi de donner une image de ce qui se fait en Suisse au niveau rap, en dépassant les frontières linguistiques. La compil’, qui sort le 29 février, regroupe ainsi une cinquantaine d’artistes dans six langues différentes. Mais finalement, qu’est-ce qui différencie le rap suisse de celui des autres pays ?
« Le rap suisse, explique Nelson, c’est une espèce d’ensemble de petits groupes qui sont là, qui font un peu leur musique dans leur coin. Je crois que c’est un rap assez technique, il a de bons textes, même s’il est moins professionnel en terme de moyens. On sait qu’en Suisse il n’y a pas beaucoup de moyens. Mais je trouve qu’il y a un bon niveau, chez les groupes qu’on connaît. C’est un rap différent parce qu’il n’aborde pas les thèmes de la banlieue, on ne connaît pas vraiment ce genre de réalité en Suisse. C’est donc un rap techniquement bon, mais différent des autres pays au niveau des thèmes. On donne peut-être plus d’importance aux impressions humaines et moins à la contestation sociale. » Et c’est bien l’image que dégage la compilation : « On voulait offrir un cd qui va au-delà des frontières. On dit souvent que le rap est un milieu fermé sur lui-même. Avec ce disque, on a essayé d’éviter les clichés et de donner une image positive. »

Notre avis

Avec cette compilation, Faya Records a réussi un beau pari. Ainsi, HHCH vol. 1 ouvre non seulement les frontières à l’intérieur de notre pays, mais également les esprits, en proposant un rap positif, loin de certains clichés. Et c’est bien en cela que la compilation offre un rap suisse authentique. Tout en restant clairement moderne au niveau musical, ce disque étale une grande diversité des styles et des tendances. Cette vitrine donne à tous les amateurs de bon son une occasion certaine d’entendre ce qui se fait (et se fera) dans notre pays. L’occasion aussi d’entendre les membres du Faya Effect (Evidenzia, Mafia Gallega, Lyrikal Kartel et Obé), mais également de découvrir certains artistes que l’on e connaît pas forcément suivant la région d’où l’on vient.

Ca fait toujours plaisir de voir des gens qui se bouge pour leur musique. Quand il en ressort un travail de cette qualité, on ne peut que se jeter dessus !


 

françois  ||  le 25 février 2008


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