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K.O.L.O : l’histoire d’un coup de foudre musical, mais pas seulement.

K.O.L.O.

Qu’ils soient connus ou non, les millions de groupes de musique qui ponctuent la planète ont un point commun : la rencontre. Comme dans la vie en général, il faut, pour que l’alchimie fonctionne, que plusieurs personnes décident, à un moment donné, de partager quelque chose ensemble, en l’occurrence quelques accords. L’histoire de la rencontre de K.O.L.O., quatuor romand partagé entre folk, rock et diverses autres influences plus alternatives, pourrait se résumer à un coup de foudre. Je vous vois venir… ne vous donnez pas la peine de sortir vos mouchoirs et rangez vos violons, K.O.L.O. n’en a pas besoin. Mais bienvenue quand même dans l’univers musical d’un groupe en devenir.

La rencontre qui chamboulera l’avenir musical des membres du groupe se déroule en 2004 à Genève. Eric, aujourd’hui chanteur et guitariste acoustique du groupe qui porte son nom, se retrouve nez-à-nez avec les accords du futur pianiste de K.O.L.O, Stéphane. Le tout se passe comme si cela avait été écrit depuis longtemps. « Cela ressemblait à une évidence. Je gratouillais quelque chose et lui s’est mis au piano, sans rien dire. Le feeling qui est passé entre nous à ce moment-là était juste énorme » se rappelle Eric.

Un voyage vers la Grande Pomme

Ce sera grâce à l’inspiration des deux musiciens que les premières compositions du groupe vont naître. L’année suivante, Eric s’envole pour la Grande Pomme principalement pour toucher de près l’univers musical de la mégapole américaine, aussi pour tester ses nouvelles envies et accessoirement pour travailler au cœur d’un grand label comme juriste. « A New-York, il y a un nombre infini d’endroits où tu peux jouer ta musique librement. C’est une excellente façon de voir comment les gens la reçoivent, la ressentent » explique celui pour qui la ville est devenu une sorte de seconde patrie, une muse éternelle.

Tout en squattant les open mics, les bars et les bouches de métro, Eric travaille à l’avenir de K.O.L.O. Avec Stéphane. Les deux amis se voient un peu, s’entendent beaucoup et continuent de composer. Le retour en Suisse d’Eric fera le reste. « C’est à ce moment-là qu’on a décidé de réellement faire avancer le truc. Tu sais, ce n’est pas forcément évident de monter un groupe de rock en Suisse quand tu as trente ans » sourit Eric.

« Faire le Paléo et mourir »

Croisé au cours des pérégrinations musicales des deux artistes, Laurent rejoint le groupe et s’installe derrière la batterie. Mathieu complète le combo à la guitare et un bassiste qui sera remplacé plus tard par Blaise se greffe sur la formation. Quelques concerts se passent. Deux EP (Sketches en 2005 et Clouds en 2006) voient le jour.

Un concert remarqué à la Maroquinerie de Paris, une apparition au Cully Jazz Festival va mettre le feu aux poudres et logiquement déboucher sur la sortie du premier album du groupe intitulé Songs for a sleepwalker. Complètement autoproduit, l’album met le feu aux poudres. Il propulse la formation sur les scènes du Montreux Jazz Festival et du Paléo en un été. La tête des musiciens de K.O.L.O ne changera pas de taille pour autant. « Quand je pense à Nyon, je me dis que pour beaucoup de groupes, ça a un peu été « faire le Paléo et mourir » (rires). Plus sérieusement, ce n’est pas parce tu fais cette scène que ce sera ensuite le succès assuré » analyse Eric.


« Surfer sur la vague, sans la prendre à la légère »

Lucide malgré un succès relativement soudain, K.O.L.O compte malgré tout « surfer sur cette vague, sans la prendre à la légère. Pour l’instant, on bricole tous un peu à côté et ce serait impossible de vivre du groupe. Cela pourrait par contre être un de nos objectifs à moyen terme » poursuit Eric. Pour ce faire, l’idée de K.O.L.O est de s’offrir les services d’un tourneur et de profiter d’un réseau doucement mais sûrement tissé du côté de la France voisine.

En attendant, les quatre musiciens vont continuer de faire vivre sur scène un album qui ne demande que cela. « Notre musique est faite pour être partagée, confirme Eric. Sur scène, nous essayons de dégager à chaque fois un truc énorme, c’est vraiment là où on se sent à l’aise. »

A découvrir ou redécouvrir demain soir samedi à la Maison de quartier des Pâquis pour un concert acoustique qui débutera à 21 h et le 6 décembre au Pont rouge de Monthey en première partie de William White.



Notre avis

Dire que le nouvel album de K.O.L.O n’est pas fait que pour les somnambules serait un peu facile, plat et pas franchement drôle. Je vais donc m’abstenir. Par contre, pour les mélomanes, les doux, les forts, les insomniaques, les rêveurs ou les curieux, il se révèle parfait.

Balancé entre des influences très rock, des mélodies qui font plutôt penser au songwriting américain de certaines années fleuries, des sonorités pop assez modernes et métissées ainsi qu’un joli timbre très anglais et tout aussi à-propos, Songs for a sleepwalker devrait contenter un assez large public. Sans pour autant tomber dans une facilité de hits makers, les musiciens de K.O.L.O. semblent s’exprimer relativement librement, encadrés par la voix nuancée de son chanteur.

Présentes sans jamais être plus envahissantes les unes que les autres, les influences qui composent l’album sont assez intelligemment utilisées par les membres du groupe pour, au final, se fondre en un style propre. A écouter attentivement, mais à entendre aussi distraitement, que l’on soit un convaincu du genre ou non.







 

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seb  ||  le 26 septembre 2008


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