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Fordilem, le post-rock à la sauce genevoise

Fordilem

Les sept musiciens de Fordilem ont sorti leur premier opus, Post laborem, en février dernier. Les Genevois proposent un mariage intéressant et réussi entre guitares et cuivres, une musique aux allures sombres mais laissant aussi la place à quelques entrefilets de lumière.

Beaucoup de chemin a déjà été parcouru par Fordilem depuis ses premiers pas, en 1999, pour aboutir à la sortie du premier album du groupe. Constitué du traditionnel combo rock guitare-basse-batterie, Fordilem s’adjoint également les services d’un clavier et d’une section de cuivres. Particularité de cette dernière, elle est formée de trois saxophones, un baryton, un ténor et un alto. Après deux ans de répétitions, le groupe, formé de Cyril à la basse et au chant, Ludovic à la guitare, Dephine aux claviers, Daniel à la batterie, ainsi qu’Aurore, Michaël et Marc aux saxophones, donne ses premiers concerts.

« À l’époque, notre musique était plus proche de la fusion, et plus festive. Puis, nous avons évolué vers un registre plus rock », nous explique Cyril. Parmi ces premières expériences scéniques, Fordilem a notamment l’occasion de partager l’affiche avec Meï Teï Shô et son afro-jungle jazz inclassable. En parallèle à son évolution musicale, Fordilem subit également quelques petits changements de line-up et passe beaucoup de temps à composer. Cyril : « On travaille surtout entre la basse et le sax pour poser une base de morceau, mais ça reste ouvert à toute suggestion, on fait les arrangements en groupe ». Justement, ces arrangements ont ceci de particulier qu’ils utilisent les cuivres d’une façon qu’on pourrait qualifier de non-traditionnelle. En effet, là où on pourrait les attendre en contrepoint pêchu et mélodique, Fordilem les utilise pour renforcer le côté dramatique que montre quelquefois sa musique. Les trois saxophones posent par exemple des accords traînants accentuant la force de la guitare saturée.

En ce qui concerne les textes de Fordilem, ils sont l’œuvre de Cyril, le chanteur et bassiste. En français, ils abordent des sujets parfois délicats ou difficiles (Epilogue), parmi d’autres qui sont porteurs d’espoir (Post laborem, chanson-titre de l’album). D’autres encore traitent de l’immigration (La fin du mythe), sans toutefois que cela fasse de Fordilem un groupe engagé. Cyril s’inspire plus de ses ressentis personnels pour écrire.

À l’heure actuelle, Fordilem est déjà en train de travailler de nouvelles compositions, et Cyril assure qu’elles vont dans une « nouvelle direction, plus contrastée. Le public verra des différences avant-après l’album, mais on joue avant tout pour se faire plaisir ». Depuis la sortie dudit album, Fordilem a peu joué, du fait de quelques indisponibilités. Et si le groupe se retrouve souvent par défaut dans des soirées reggae ou metal, on pourra l’entendre dans un contexte plus rock et peut-être plus approprié, le 3 septembre prochain dans le cadre du festival Div’on Rock, à Divonne, en compagnie d’Altaïr.

 

fordilem

 

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Focus

L’album de Fordilem est sorti grâce aux bons soins du label genevois GPS Productions. Émanation du webzine musical indépendant genevapunkska.com, GPS a évolué depuis sa création en 2001 et s’occupe actuellement de la production de quelques groupes genevois. L’an passé, Geneva Punk Ska Productions a publié les albums de Each Day Start Anew et de Three Feet Cats, avant de s’occuper de celui de Fordilem. En outre, GPS Productions assure aussi le booking et la promotion des groupes qui lui sont affiliés. Plus d'infos sur www.genevapunkska.com

Notre avis

Post Laborem, le premier album de Fordilem, est donc sorti en février dernier. Enregistré à la fin de l’été 2004 au Rec Studios par Serge Morattel (Impure Wilhelmina, Houston Swing Engine), le disque contient douze titres originaux. Une bonne grosse base de rock pouvant tirer sur le metal par moments caractérise la plupart des morceaux, rehaussés des harmonies des trois saxophones. Un son tout à fait cohérent traverse tout l’album, même si l’on sent que Fordilem a également intégré d’autres styles musicaux, tel le ska sur Simple et sincère, le jazz sur Mon sang ou le funk sur La fin du mythe. Néanmoins, le disque sonne comme un tout et l’on sent un travail conséquent sur les arrangements. « C’est vrai qu’on a pensé l’album en tant que tel » nous dit Cyril. Et effectivement, on est loin d’une suite de chansons posées sur disque, mais plutôt d’un véritable album, avec un son et une couleur musicale unifiés, témoins du travail de composition des membres du groupe.


 

yann  ||  le 08 août 2005


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