À tous ceux qui croyaient que le rock progressif, à l’instar du disco, était mort avec les années 80 je dis : détrompez-vous ! En effet, les mélomanes amateurs de longs morceaux et de mesures composées peuvent se réjouir :Dawn est là pour les envoyer planer !
Prenez deux potes qui passent leurs années de gymnase à écouter en boucle Yes, Genesis et King Crimson, ajoutez un batteur jazzy et un pianiste féru des sonorités révolutionnaires des claviers des années 70, remuez le tout. Vous obtenez Dawn, un digne représentant du rock progressif tout droit sorti de la riviera vaudoise. René (chant et guitare) et Julien (basse) se connaissent depuis un bout de temps. En 1996, Théo (batterie) les rejoint avec encore un pianiste et une violoniste-chanteuse, donnant naissance à Dawn première version, plutôt portée sur le style médiéval. Quelques années d’évolution musicale et personnelle plus tard et c’est Nicolas (claviers) qui arrive finalement en 2003.
Une fois le groupe bien rôdé dans sa nouvelle configuration, Dawn a enregistré une maquette promotionnelle dans le but de démarcher les organisateurs de concerts et les labels. Blind Communication est sorti l’an dernier et comporte trois titres multi-directionnels donnant une bonne image de la musique de Dawn. Entre rythmes atypiques, pièces à rallonge dans lesquelles s’enchâssent des parties musicales différentes mais néanmoins liées entre elles, compositions en plusieurs parties et sonorités bizarroïdes, le tout faisant preuve d’une recherche certaine de musicalité. Bref, on retrouve là les ingrédients du rock progressif, mais assaisonnés façon Dawn.
« C’est surtout René et moi qui sommes très rock progressif », dira Julien. « Mais Théo a une formation jazz qui a tiré tout le groupe vers le haut, au niveau technique. Et Nicolas, notre perle rare, est un fan de ces sons qu’on obtient avec les vieux claviers, style Moog etc. ». L’amalgame de ces quatre musiciens débouche sur une musique louvoyant entre mélodies calmes et aériennes et rythmes plus soutenus, plus rock, mais personnalisée. En concert, Dawn s’inspire de Genesis, une influence majeure, et projette en arrière-plan des images et illustrations reflétant l’esprit des morceaux joués.
Des concerts, justement, Dawn éprouve quelques difficultés à en effectuer autant que désiré. Julien : « La faute à notre style de musique, particulier, et au manque d’ouverture en relation avec de maigres moyens financiers des clubs, je pense ». Avis aux intéressés, qui passent à côté de quelque chose. Néanmoins, le groupe jouera en novembre lors d’un festival de rock progressif à Chiasso. « Ce sont eux qui nous ont appelés. Ça fait plaisir, on jouera dans de bonnes conditions. » On se réjouit pour eux !




Focus
Lorsque Dawn se produit sur scène, des images sont projetées derrière le groupe. « On n’a pas vraiment de jeu de scène époustouflant, et on voulait quand même quelque chose de visuel », nous dit Julien. « Les illustrations sont en lien avec les chansons, elles aident à comprendre les morceaux ». Les diapositives présentées sont l’œuvre de Sarah Vuataz, la sœur de Julien, une jeune styliste fraîchement diplômée. Sur la base des indications de René, qui écrit les paroles, elle représente visuellement ce qui est exprimé musicalement. « Ce sont des pistes d’ambiance ».
Notre avis
On est loin ici d’une option basique correspondant aux goûts du grand public. Dawn emmène l’auditeur dans des contrées musicales peu ou plus fréquentées. On apprécie la construction des morceaux, justement ce côté progressif qui va au-delà des canons traditionnels de la radio, et ça fait du bien. En concert, comme à Tramelan le 10 septembre dernier, j’ai effectivement profité des diaporamas en lien avec les chansons, et je ne me lasse pas de la longueur des morceaux, car il se passe toujours quelque chose d’intéressant. Vu et approuvé !
yann || le 26 septembre 2005