Pour la première fois, Newzik vous plonge dans un monde peu connu et pourtant très fascinant, celui du jazz, avec ces ambiances intenses et magiques.
Cherchant à dépasser l’idée que le jazz serait réservé à un public d’intellectuels, Maasa veut avant tout « exprimer les sentiments par les instruments ». Et dès les premières notes, un piano, une basse et une voix submergent aussi bien le fin connaisseur en la matière que le simple auditeur qui aime se faire surprendre musicalement. Soudain, c’est comme si une gigantesque vague vous emportait…
Maasa est la réunion récente de trois artistes dont la culture musicale ne date cependant pas d’hier. En effet, chacun des membres a connu de nombreuses expériences musicales avant de se mettre ensemble en septembre 2004. Fabien et Jean-Baptiste décident alors de joindre respectivement leur piano et leur basse. Et avec l’arrivée de Sémira et de sa voix sublime, le trio se lance dans un genre qui les attirent depuis longtemps : le jazz. « On s’est retrouvé purement par hasard, sans avoir réellement de projet, juste pour faire de la musique », explique Jean-Baptiste, le bassiste. Un mois plus tard, le trio sort un premier disque démo. La vague est lancée. Après une année de travail, Maasa s’est produit plusieurs fois au Café-théâtre de Lausanne et a même donné un concert au Maroc.
Mais qu’est-ce qui peut bien pousser des artistes à faire du jazz ? Explication de J.-B. : « On avait les trois envie de faire du jazz. Bon ! Fabien à la base c’est un jazzman. Pour Sémira et moi, c’était un genre musical nouveau qu’on n’avait pas encore trop essayé. On ne savait pas ce que ça allait donner les trois et finalement on a eu de très bons échos. » Et si Maasa s’est dirigé dans cette direction qu’est le jazz, c’est avant tout « parce qu’il permet une grande liberté d’expression ». Faire de la musique, pour la musique, pour la beauté des accords, c’est exactement ce que cherche à faire le groupe lausannois. Ce qui lie les trois membres du trio, c’est avant tout l’amour que chacun porte à son instrument, qu’il s’agisse du piano, de la basse ou de la voix. « On travaille notre instrument pas que au niveau technique, mais surtout au niveau des ambiances. On cherche à raconter quelque chose avec nos instruments plutôt que de balancer des trucs à la figure des gens. L’instrument, c’est le prolongement de nos doigts, de notre sensibilité. »
Aucun genre musical autre que le jazz ne permet d’exprimer à ce point de telles émotions et de nous plonger dans de telles ambiances. Et Maasa en est la preuve actuelle quand bien même le jazz semble parfois réservé à un cercle fermé d’initiés. « On a une grande chance de pouvoir faire du jazz, explique J.-B. C’est une chance parce que les gens sont encore sensibles à la pratique du jazz. De nos jours, beaucoup de choses se ressemblent, alors que le jazz n’est jamais répétitif Et avec le jazz, on a vraiment ce contact avec l’instrument ou avec la voix qu’on n’aurait pas forcément en faisant autre chose. »
Le jazz a encore de beaux jours devant lui, en Suisse romande également…

Focus
Maasa, un nom qui semble bien résumer l’état d’esprit des trois artistes lausannois. Comme l’explique le bassiste : « A la base c’est un prénom qui a une origine afghane je crois. C’est un prénom qui était venu en bouche de Sémira et on avait trouvé ça très joli. Ce nom est un peu comme notre musique : c’est à la fois quelque chose que l’on n’a pas l’habitude d’entendre, qui sonne un peu exotique comme ça, et en plus « Maasa », c’est pas moche à dire. C’est pas comme « Tarabiscouille » ou je ne sais quoi ! Pour notre jazz, c’est pareil : c’est peut-être des choses qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, mais quand on l’écoute, finalement ça sonne bien, et c’est pas trop moche. » Eh bien ça, c’est le moins que l’on puisse dire…
Notre avis
Que vous soyez un fin connaisseur en la matière ou simplement un auditeur avide de nouvelles sensations musicales, Newzik ne peut que conseiller le jazz de Maasa pour vos petites oreilles. Le résultat est tout simplement époustouflant. Cette voix incroyable dont joue réellement la chanteuse comme d’un instrument ainsi que le mélange du piano et de la basse qui ne sont nullement réduits à l’accompagnement, vous transportent dans des petits moments magiques. Leur jazz vit, la musique bouge, parfois reposante, d’autre fois plus entraînante. Maasa, c’est une expérience vivante, toujours intense, qui vous soulève en haut et en bas comme le font les vagues. Et en sortant la tête de l’eau, on n’a qu’une envie, se mouiller à nouveau.
françois || le 03 octobre 2005