Les Delémontains de Dr. Snuggle arrivent en force avec leur premier album, Réminiscences. Ce power-quintette propose une musique naviguant entre rock progressif et metal, saupoudrée de blues et de funk.
Dr. Snuggle se forme en 1998 sur les cendres de deux ex-formations répétant sur Delémont, No Lyrics et Aurylliane. José, batteur, et Front, guitariste, tournent en rond dans leur local, avant de croiser la route de Thierry, bassiste. Dès cet instant, le mouvement prend forme et les premières compositions se mettent en place progressivement. Mais la musique et les gros riffs, ce n’est pas tout, et les trois gaillards se mettent en quête d’un chanteur, qui sera finalement trouvé en la personne d’Hassan, qui devient dès lors frontman de Dr. Snuggle en 2001. Il nous dit : « Le nom provient d’un dessin animé des années 80, où l’on voit un gentil docteur soigner les animaux. Et comme nous aussi on aime bien les animaux de tout poil… ».
Dès cet instant, le groupe peut se mettre sérieusement au travail, c’est-à-dire à la constitution d’un répertoire. En parallèle à ses premières apparitions scéniques comme au Knock-Out Festival de Moutier, Dr. Snuggle débute en 2003 l’enregistrement de son premier album. Un long processus, comme l‘explique Hassan : « Ben, il est autoproduit à quasiment 100 %, et comme on a essentiellement et beaucoup mis de notre poche, à part l’aide du canton, ça a pris du temps. Il y a aussi qu’on a été passablement attentifs à avoir une bonne production ».
Ce qui explique que le disque, intitulé Réminiscences, ne soit sorti qu’au printemps de cette année. Entretemps, Dr. Snuggle s’est attaché les services d’un second guitariste, Jean Bellenot, qui avait lui déjà fait les beaux jours de Slapstick Comedy dans les années 90. Hassan : « C’était nécessaire afin de pouvoir assurer toutes les parties de guitare, notamment celles des morceaux du disque. Il y a en effet plusieurs pistes de gratte sur toutes les chansons ». Réminiscences a déjà permis au groupe de figurer à l’affiche du Rock’Air à Porrentruy cet été, et plusieurs dates sont en discussion avec les clubs romands pour le début 2006. Le vernissage officiel du CD aura lieu quant à lui le 16 décembre au SAS de Delémont, avec un apéro-concert.
Dr. Snuggle a maintenant soif de concerts. Le groupe en a déjà une petite dizaine dans les jambes, et cherche désormais à porter son message plus loin que le Jura. « On est un peu un groupe de bunker. On a 7-8 concerts à notre actif, mais c’est difficile de se faire connaître à l’extérieur, surtout dans la région Lausanne-Genève. J’ai des fois l’impression qu’il y a un petit à priori négatif, genre paysan jurassien, au contraire de Fribourg ou Neuchâtel, ou des concerts seront bientôt agendés pour nous, » explique encore Hassan. Ces messieurs de l’Arc lémanique, il ne tient qu’à vous d’aller au-delà de vos préjugés, ce sera tout bénéf’ pour vous !
La suite, c’est aussi le retour prochain en studio, car le groupe possède une vingtaine de morceaux dans son répertoire, qu’il va tantôt coucher sur une nouvelle galette. « On va essayer d’avoir un son plus punchy, peut-être moins travaillé mais avec l’énergie des prises live », nous dit Hassan. On attend impatiemment cette suite.




Focus
Réminiscences, le premier album de Dr. Snuggle, a donc connu une gestation pour le moins assez longue. Mais les résultats sont là : un son hyper-léché qui n’a rien à envier aux grosses pointures. Ces sept premiers morceaux représentatifs du style de
Dr. Snuggle se laissent apprécier, tant pour les gros riffs bien lourds que pour les parties plus légères et mélodiques. Hassan : « Pour l’instant, on a eu de bons échos, notamment par rapport à l’exécution, même si les gens n’arrivent pas trop à nous situer entre rock et metal ». Les textes, alternativement en français et en anglais ou encore moitié-moitié dans le même morceau, traitent de la condition humaine en général. « Nous composons la musique ensemble et sommes plutôt consensuels. Pour les textes, c’est en fonction de l’humeur du moment. La chanson-titre Réminiscences, par exemple, parle du fait qu’on en a tous un peu chié au cours de notre encore jeune existence. Autrement, on essaie de traduire les émotions du quotidien », précise Hassan.
Notre avis
Ben Dr. Snuggle, ça secoue pas mal, dans le genre. Un genre qui, justement, se situe quelque part entre power rock et soft metal. Les influences, qui vont de Faith No More à Noir Désir en intégrant également le groove bluesy, filtrent légèrement et on comprend mieux la tension entre rock et metal. J’apprécie particulièrement Why I’m down et le riff coupant du refrain, alternant avec un couplet plus mesuré, plus aérien. Et effectivement, une production de qualité supérieure structure tout l’album, qui se laisse écouter. Et une certaine énergie se dégage du disque, qui se retrouve également sur scène. J’attends d’ailleurs impatiemment de revoir le groupe en concert en décembre. Tous au SAS !
yann || le 17 octobre 2005