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Outer Space Plastic

Outer Space Plastic

Le sextette Outer Space Plastic propose une musique très fusionnée, issue du croisement entre le jazz-rock à la mode dans les années 70 et les sonorités électroniques actuelles. Le nu-jazz du groupe du Jura Bernois tient bien la route, et ce depuis un certain temps déjà.

Outer Space Plastic est l’une de ces formations de jazz composées de musiciens professionnels issus des différentes écoles et conservatoires disséminés dans toute la Suisse, et que l’on croise par hasard au détour d’un caveau voûté, et enfumé de surcroît, tard un soir de semaine en ville. En général, ces groupes ont une vie courte, l’essence du jazz étant la recherche de musicalité et non de renommée dans la durée. Fait suffisamment rare pour être mis en avant, Outer Space Plastic existe depuis l’an 2000. « Au départ, on est une bande de copains. Raphaël, le guitariste, et moi nous connaissons depuis le gymnase. Au fur et à mesure cependant, le groupe a pris plus d’ampleur », confie Nicolas Gerber, aux claviers. Et il revient cette année avec une nouvelle démo, après un break pour cause d’examens de fin d’école de jazz.

En l’an de grâce 2000 effectivement, Nicolas et Raphaël Raccuia se retrouvent, avec encore le bassiste Lionel Gafner et le batteur Igor Santschi. Ce sont les débuts d’Outer Space Plastic dans sa configuration originale. « Nous avons tourné 1-2 ans comme ça, avant le départ momentané de notre guitariste. C’est à cette époque que nous avons embauché deux souffleurs, Lionel Perrinjaquet au sax alto et Denis Tercier à la trompette et au bugle, rencontrés çà et là via d’autres groupes et écoles de jazz », explique Nicolas. Au début, les musicos ont dans l’idée de jouer du jazz-rock, dans le style de Weather Report et autres Return To Forever. Cependant, au fil des apports au line-up, ils évoluent vers quelque chose de plus moderne, tirant vers les sonorités électroniques, notamment la drum’n’bass : « C’était l’époque où Erik Truffaz s’est fait connaître, ces rythmes sont très intéressants à jouer pour le batteur. » poursuit Nicolas. Dans la foulée, Outer Space Plastic affine progressivement son style propre, qui sera donc le nu-jazz.

Depuis sa création, le groupe a déjà donné une vingtaine de concerts. Et des prestations de qualité, si l’on en juge par deux récompenses obtenues, le Prix d’encouragement à la création du Concours Girard-Perregaux de La Chaux-De-Fonds en 2004, et la seconde place du Concours de la 56e vague de Delémont en 2003. « Ces deux prix nous ont apporté de la reconnaissance vis-à-vis de notre démarche, et plus de confiance par rapport à nous-mêmes. Malheureusement, on n’a pas vraiment pu en profiter, vu qu’on a fait un break avant de reprendre par l’enregistrement de notre nouvelle démo cet été. À présent, on relance la machine pour trouver des dates », dit encore Nicolas.

En l’occurrence, il semblerait que le nu-jazz d’Outer Space Plastic ait du mal à trouver preneur. « Ben, on est à cheval sur différents styles. Les programmateurs de salles et de festivals on quelques réticences à nous faire jouer, parce que notre musique est difficile à classer, de par son mélange », déplore Nicolas. Et pourtant, ils y gagneraient à proposer Outer Space Plastic à un public jeune, mais néanmoins averti.

 

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Focus

Justement, ce nu-jazz, ça consiste en quoi ? À l’écoute de la démo 2005, on s’aperçoit que le groove est une composante essentielle de la musique d’Outer Space Plastic. Les rythmes sont très actuels, où l’on retrouve cette influence drum’n’bass. Certaines ambiances sonnent aussi très electro. Cette modernité qui peut choquer les puristes (mais si les puristes existent, c’est pour être dérangés par la nouveauté) se trouve cependant contrebalancée par des éléments typiques du jazz, l’orchestration, l’improvisation ou encore des rythmes atypiques : « Dans les mesures composées ou asymétriques, comme du 7/4, la basse et la batterie doivent assurer à mort, pour que le sax ou la trompette puissent entrer dans le jeu au niveau des solos. Après, les souffleurs jouent in and out au niveau rythmique », explique Nicolas. Si sortir du 4/4 traditionnel peut paraître non naturel, cela fait toutefois partie du bagage de tout musicien de jazz qui se respecte, et les membres d’Outer Space Plastic ne faillissent pas à la règle. Ils s’en sortent d’ailleurs très bien, j’en veux pour preuve le fait que ces anomalies rythmiques passent comme une lettre à la poste.

Notre avis

Les musiciens d’Outer Space Plastic jouent bien et ensemble depuis longtemps, cela s’entend sur leur démo, même si le son de cette dernière peut paraître un peu plat (mais c’est une démo). Quant au nu-jazz, son côté moderne devrait convenir à tout amateur de live, tant le groove est présent. On ne peut s’empêcher en effet de taper du pied à l’écoute de ces quatre morceaux, composés pour moitié par Nicolas Gerber, le claviériste, l’autre moitié étant l’œuvre de Lionel Perrinjaquet, le saxophoniste. Les souffleurs ne sont pas en reste, et les harmonies de clavier ou de guitare annoncent la couleur. En l’occurrence, je me réjouis de descendre dans un caveau enfumé pour y écouter Outer Space Plastic, et ce ne sera certainement pas par hasard.


 

yann  ||  le 28 novembre 2005


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