Choisissez un siège confortable et un endroit loin du chat qui miaule et de la voiture qui klaxonne. Chaussez vos écouteurs, glissez le Junior Tshaka Trio dans votre platine et fermez les yeux.
D’un côté vous avez Greg, aka Junior Tshaka, avec une guitare et un micro. De l’autre côté vous avez Gilbert et Renaud, tous deux guitaristes confirmés qui ont collaboré avec tellement de monde que la liste serait trop longue pour un si petit article. Bref, si vous réunissez le tout, sur une scène ou dans un studio d’enregistrement, que vous mélangez assez fort mais pas trop quand même, vous obtenez Junior Tshaka Trio, un album, un single, des concerts et une ribambelle de bonnes vibes.
Comme l’explique Junior Tshaka lui-même, ce projet acoustico-reggae-chansonistique n’est pas né à la fin de l’année 2004 comme on pourrait le croire mais bien avant cela : «Pendant que je bossais avec Akamassa (ah oui, j’ai oublié de vous dire que Greg est aussi le chanteur d’Akamassa), j’ai eu envie de foncer encore plus dans ce monde de la musique. D’autre part je sentais le besoin de revenir à mes propres origines musicales». Autrement dit, Junior Tshaka a eu envie, à juste titre, de partager avec le public des compositions qu’il avait jusqu’alors uniquement joué seul avec sa guitare avec pour scène les quatre murs de sa chambre : « Sur l’album, il y a des chansons qui ont plus de 10 ans (Laisse-toi aller). J’avais vraiment envie de jouer une fois ces compos, qui vont de la chanson d’amour de mes 15 ans à mes premières révoltes un peu plus tard».
Après avoir cogité la chose un moment, un vrai flash (pas comme celui de Zidane mais pas loin, nous a-t-il précisé), lui fera choisir comme compagnons d’aventure les deux guitaristes que sont Gilbert et Renaud. « Les compos étaient déjà toutes prêtes. Je ne leur ai donc pas demandé de venir composer ou créer. Je voulais juste des musiciens pour encadrer mélodiquement le projet ». Cependant, pas fermé d’esprit pour deux sous, Junior Tshaka laissera Gilbert s’exprimer et signer la mélodie de l’une des chansons du disque (Viens leur dire).
En avril 2005 ce sont pas moins de 13 titres que Junior Tshaka et les deux guitaristes posent sur une galette qui les mènera ensuite à parcourir quelques scènes plus ou moins prestigieuses du pays. Côté projets, Junior Tshaka n’est pas en reste, même si ce chapitre acoustique était en quelque sorte pour lui une manière de mettre un point sur les compositions du passé. L’avenir risque d’être plus reggae et moins acoustique, avec des réserves toutefois. « Je ne sais pas encore comment sera le prochain Junior Tshaka ni d’ailleurs quand il sortira. Toutefois, je commence à avoir pas mal de contacts à droite et à gauche avec des musiciens d’un peu partout, du coup, je pense que je vais favoriser les collaborations. Les mélodies plus reggae aussi et peut-être quelques machines… ». Au chapitre des collaborations, Junior Tshaka devrait se rendre bientôt au Sénégal avec quelques riddims sous le bras. A n’en pas douter, il reviendra sûrement avec quelques « tunes » tout à fait empreints du son africain.
Quelque chose me dit qu’on risque d’en reparler bientôt…



Focus
Junior Tshaka en disque c’est bien, mais Junior Tshaka en live c’est différent ! (A vous de juger ensuite si c’est mieux ou non.) Si sur le disque, on retrouve une voix et des guitares, sur une scène, le spectateur non-averti risque, selon les cas, d’être fort surpris. « Au départ on était partis sur le trio. Puis, lors de quelques grandes scènes dont Festineuch, j’ai décidé de prendre trois percussionnistes. Ca a bien fonctionné. J’ai ensuite pris le pari d’ouvrir encore un peu plus l’horizon musical du projet et cela a donné Junior Tshaka and Friends» note Greg. Ainsi, le chanteur se retrouve à l’occasion, selon différents paramètres dont la capacité de la salle et la disponibilité des musiciens, entourés d’un bassiste, d’un clavier, d’un batteur ou d’un mélodiciste (ça n’existe pas je sais, mais d’une part vous aurez tous compris qu’il s’agit d’un joueur de mélodica et d’autre part c’est ma chronique et donc si je veux inventer des mots, je peux !). Bref, tout ça dans le but de varier et de rendre de temps à autres la chose plus dynamique et donc plus adaptée à certaines scènes. Et apparemment, ça marche. Depuis le 19 mars dernier, Junior Tshaka s’est produit à pas moins de 19 reprises ! Pour ceux qui l’auraient malgré tout manqué, il sera le 13 janvier prochain au Bar King de Neuchâtel puis le 10 février au Bikini Test de La Chaux-de-Fonds pour une soirée de derrière les fagots !
Notre avis
Le premier disque de Junior Tshaka intitulé Juste un peu de lumière, est à mon humble avis de petit chroniqueur, une véritable expérience musicale. Un voyage aussi parfois, dans les méandres de l’univers personnel du chanteur et dans l’autre, celui avec des planètes qui tournent autour de la nôtre, et qui de temps en temps a du mal à tourner rond. Et cet état de fait, Junior Tshaka ne se gêne pas pour le chanter, en quelques accords et pas moins de mélodies. Les chansons qui traitent d’actualité (J’ai décidé de rentrer) côtoient ainsi les chansons plus «légères» (J’prends mon pied), pour former un ensembledes plus agréables. Les instrumentaux sont sobres et de qualité pendant que les quelques harmonies vocales (ni trop, ni trop peu) donnent une profondeur tout à fait indispensable à ce genre d’exercice (guitare-voix) qui peut vite s’avérer tangent, bien que ce ne soit pas le cas ici. Le côté « intimiste » de la galette est touchant et c’est sans trop se sentir coupable qu’on se dit que si on avait été doués, on aurait peut-être écrit des choses semblables. Bref, un vrai bol d’air musical.
seb || le 06 décembre 2005