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K-Bagekrust, funky happy groovy music à la jurassienne

K-Bagekrust

Les cinq jurassiens de K-Bagekrust proposent une musique instrumentale mêlant la liberté du jazz au groove du funk, emmenant l’auditeur voyager dans un univers entièrement ouvert.

K-Bagekrust est un groupe composé initialement de jeunes qui se connaissent et jouent ensemble depuis qu’ils sont gamins. À la déjà longue expérience commune de Raoul aux claviers, Mathieu à la batterie et Gaël à la guitare est venu se greffer en 1998 un tromboniste, Léandre, et un bassiste, l’autre Mathieu. Le cinq majeur actuel semble être le mieux adapté pour les musiciens, qui ont essayé diverses configurations depuis leurs débuts. Pendant longtemps accompagnés d’un deuxième souffleur au saxophone, K‑Bagekrust a effectué plusieurs tentatives à ses débuts, avec un second bassiste, un second guitariste ou encore un didgeridoo, mais qui n’ont pas été vraiment convaincantes. Le groupe s’est également produit quelquefois en concert avec un rappeur et une chanteuse, mais cet essai s’est révélé infructueux, les musiciens s’épanouissant mieux dans une musique totalement instrumentale.

K-Bagekrust définit son style comme un mélange d’influences funky, groovy, jazzy, menant à un ensemble cohérent marqué par la patte K-Bagekrust. Les morceaux sont construits pour la plupart sur la base des jam-sessions auxquelles le groupe se livre lors de ses répétitions. La jam est une dimension importante dans la démarche artistique de K-Bagekrust, car elle permet aux musiciens de se connaître mutuellement par la musique, de voir comment chacun réagit en fonction des autres. Elle constitue un moment de partage d’émotions et d’impressions musicales. Le groupe expérimente donc lors de la jam et garde par la suite les idées intéressantes qui en sont ressorties. Les morceaux qui en résultent laissent une grande place à l’improvisation, avec la possibilité pour chaque instrumentiste de s’exprimer par des soli reposant sur une structure évolutive faite d’enchaînements et de thèmes, qui peut prendre une consonance psychédélique par moments.

Après une longue période durant laquelle K-Bagekrust s’est concentré sur son noyau dur, le groupe renoue actuellement avec la collaboration musicale, « Nous accueillons un saxophoniste et un joueur de scie musicale sur certains morceaux » nous dit Léandre. Le cocktail des jurassiens n’en devient que plus réjouissant. On ne peut que regretter la rareté des sorties collectives du groupe, chaque musicien étant engagé dans plusieurs formations parallèles. Mais lorsqu’il la rencontre au détour d’une scène, le mélomane est assuré de passer un excellent moment en se laissant emporter au son de la happy music de K-Bagekrust.

 

k_bagekrust

 

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Focus

Nous l’avons dit, chaque musicien joue dans un ou plusieurs groupes, en parallèle à K‑Bagekrust. Tous les membres sont notamment à l’origine du Funk Collectif, mis sur pieds en fusionnant avec un autre groupe de la région delémontaine, Juicy Orange, et qui a été la première formation chroniquée sur Newzik. Gaël, grand amateur de blues par ailleurs, accompagne Gaëtan Breton, également présenté par Newzik. Raoul, le claviériste trippé, étudie à l’EJMA et se produit aussi avec le récent Fantastic Jurassic Petroleum Consortium. Quant à Léandre, il apprécie le reggae, soufflant pour le compte de Los Bedjellòu et d’Akamassa, entre autres formations. On le constate, ça fait beaucoup d’engagements, mais K-Bagekrust ne fait que se renforcer des différentes expériences de chacun de ses membres.

Notre avis

Assister à un concert de K-Bagekrust, c’est pénétrer dans un univers totalement ouvert, et se repaître de happy music aux frontières larges, mais reposant néanmoins sur une solide base groovy. Fin novembre à Porrentruy, le quintette se produisait sur la scène de l’Inter. En petite forme (tout le monde était assis) ? Eh bien non, car K-Bagekrust installe rapidement une ambiance basée sur la musique plus que sur le spectacle, et ce pour le plus grand bonheur des mélomanes présents dans la salle. On démarre doucement avec un léger swing, on enchaîne sur un rythme plus lourd et funky, avant de passer carrément sur un beat discoïde. Quelques incartades latinos, un reggae surréaliste sur lequel on peut apprécier l’extraterrestre scie musicale, et le tour est joué ! On se réjouit des improvisations omniprésentes, et on apprécie notamment Raoul aux claviers lorsqu’il suit son solo déjanté à la voix. Et on a le sourire aux lèvres quand on apprend les improbables titres des morceaux, Coxinellorage, Papa est un cowboy ou Le morceau qui chie. Bref, un tout bon moment musical !


 

yann  ||  le 10 janvier 2006


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