« Jouer du piano est une façon pour moi de transmettre aux gens ce que j’aime, de leurs faire découvrir de belles choses… »
Comment as-tu découvert le piano?
J’ai découvert le piano parce que ma mère en faisait un peu. Il y en avait donc un chez mes parents. Quand j’étais bébé j’étais un peu attirée par cet instrument, que je voulais toujours aller taper dessus. Pourquoi cet instrument ? Alors ça je n’en sais rien du tout. C’est un peu mystérieux. Maintenant je me dis que je n’aurais pas pu choisir autre chose. C’est parce que c’est moi en fait.
Peux-tu me parler de ta formation de pianiste ?
A sept ans, j’ai commencé le piano au Conservatoire de la ville de La Chaux-de-Fonds dans la classe de Valérie Brandt. En 1997, je suis allée dans la classe de Catherine Courvoisier avec qui j’ai obtenu en juin 2000 mon diplôme d’enseignement. Puis j’ai passé une année au Conservatoire de Sion, avant de partir deux ans à Barcelone dans la classe d’Edith Fischer et Jorge Pepi-Alos. Après, je ne sais pas pourquoi, j’en ai eu assez. Il fallait que je prenne un peu de recul. Alors j’ai travaillé une année toute seule mon piano. Et maintenant, je suis des cours avec Ivan Klansky à la Musikhochschule de Lucerne. Sinon, j’ai fait quelques concours. J’ai souvent eu les deuxièmes prix. J’ai aussi gagné une bourse en 1998 lors du concours organisé par la FriedWaldStiftung, et le prix du Concours de la Fédération des Coopératives Migros en 2001 et 2002, et encore une autre bourse à Bâle. Autrement, je fais des concerts depuis 1996 pour pouvoir expérimenter ce que j’ai appris et de donner un peu de ce que j’aime aux autres.
Comment se passe ton travail au quotidien ?
J’essaie de faire un minimum de 5 heures de piano réparties dans la journée, selon le temps que j’ai a disposition. Autrement je fais un planning de tous les morceaux que je dois travailler. J’essaie aussi de tourner les anciens, de les rejouer. Sinon j’ai deux ou trois élèves.
L’avantage que j’ai en faisant du piano c’est qu’un jour si je ne suis vraiment pas bien, je peux m’arrêter et me reposer, m’occuper de moi. Tout le monde ne peut pas faire ça…
Quel style de musique joues-tu ?
Je fais plutôt du classique. En général, je joue un peu de tout. Aussi car je n’ai pas tout travaillé. Maintenant avec mon professeur à Lucerne, j’essaie de faire des compositeurs que je ne connais pas…enfin que je n’ai jamais joué. Je suis encore en train de découvrir. Mais je sais que je me sens pas mal d’affinités avec Beethoven. Mais en même temps cela tourne. Mon professeur m’a appris pas mal de choses sur Mozart, Heiden et Bach. Avant je n’y comprenais rien du tout, je n’arrivais pas à trouver ma façon à moi de le faire. Maintenant j’adore jouer ces compositeurs-là aussi. Ce que j’aime aussi c’est la musique de chambre. Autrement je joue aussi des musiques que de jeunes compositeurs créent pour des spectacles au théâtre. Sinon, les musiques comme le jazz, je ne connais pas. Mais ce que j’aimerais savoir faire une fois c’est improviser. Ça serait sympa de savoir faire des standards du jazz pour animer des soirées, par exemple. Les gens sont peut-être plus ouverts avec ces musiques-là, qui sont un peu plus faciles à écouter.
Que représente la musique pour toi ?
Déjà je ne pourrais pas vivre sans. C’est ma vie en fait. C’est la chose la plus importante dans ma vie. Ce que ça m’apporte ? Ce n’est pas très précis, mais ça m’apporte tout. Je pense que j’arriverais à me passer de pleins de choses, mais pas de cela. Mais la musique est avant tout quelque chose de beau que j’ai envie de partager avec les gens. Ce que je ressens quand je joue ? C’est un peu comme si je suis sur un nuage. Mais pas tout le temps. Quand je fais des exercices, c’est un peu plus cérébral. Mais pendant les concerts, je suis dans un autre univers. Tout s’efface autour de moi. Je pense que d’autres personnes ressentent ça avec la peinture, l’écriture.
Et tes objectifs musicaux ?
Le premier c’est déjà d’apprendre encore. Parce que j’ai pas mal de lacunes. Et après ça serait de faire quelques concours pour pouvoir rencontrer des gens. Mais pour cela j’attends d’être prête. Et puis j’aimerais pouvoir jouer plus. Et gagner ma vie avec la musique sans devoir faire des petits boulots à côté, que ça marche vraiment, que j’arrive à tourner. En fait, j’aimerais voyager et faire découvrir le piano aux gens. Bon pour cela il faut pas mal de chance et il faut savoir que ce n’est jamais sûr que ça va marcher.


Focus
Penses-tu que la musique classique est accessible à tous ?
Moi, j’ai l’impression que les gens sont assez réticents peut-être surtout les jeunes. Au départ, je pensais que c’était quelque chose d’accessible à tout le monde. Mais j’ai des amis qui n’y connaissent rien qui m’ont dit que ce n’était pas évident à écouter. Il faut dire que c’est quand même un monde assez complexe. On est dans une bulle, dans un nuage, mais il y a quand même toute une histoire derrière chaque morceau, la structure des œuvres, ce que qu’a voulu dire le compositeur, etc. Si on connaît un peu la musique classique, tout cela amène une autre dimension. Je trouve dommage car la musique classique a une mauvaise image…. Alors que c’est quelque chose de beau ! Que faire pour que les gens s’intéressent plus au classique ? Je pense qu’une bonne chose serait de faire une causerie avant les concerts. C’est en fait une personne qui parle un peu des œuvres et les explique, raconte l’histoire des pièces.
Autrement, je trouve que le monde classique est quand même un monde un peu guindé. Ce qui serait bien, c’est de faire les concerts dans des endroits autres comme dans des lieux peu habituels, comme dans des bars, ou dans des salles genre Bikini Test.
Notre avis
Je pense que les mots sont ici inutiles ! Fermez plutôt les yeux, détendez-vous et écoutez !!!
clémence || le 17 avril 2006